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Classe de première ES/L ou S - Histoire

L'Age industriel 1850-1939: Croissance économique et société industrielle

Réaliser une étude de cas sur Le Creusot

Documents

1.Diaporama

 

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Toutes les images de ce diaporama (sauf carte postale) sont extraites du cédérom Images de France, Volume Bourgogne, CRDP de Bourgogne, 2001. Vous pouvez vous procurer ce cédérom via le réseau CNDP. Le cédérom s'accompagne de notices détaillées et permet de fabriquer son propre diaporama, pour une projection en classe. Il traite de nombreux autres thèmes, voire présentation sur ce site.

2. Textes

 Eugène Schneider et le site industriel du Creusot.
     En 1836, Le Creusot fut racheté par Adolphe et Eugène Schneider, le maître de forges Boigues et le banquier Seillière. Eugène Schneider avait acquis une expérience sidérurgique en suivant les cours du Conservatoire des Arts et Métiers et en dirigeant les forges appartenant à de Neuflize dont il épousa la petite-fille. Quant à Adolphe, il se maria avec la belle-fille de Boigues. Ces appuis familiaux et professionnels leur donnaient une solide assise financière quand ils reprirent Le Creusot… L'entreprise allait profiter de la conjoncture heureuse pour la sidérurgie que devaient provoquer la construction des chemins de fer, des bateaux en fer, des charpentes métalliques…
    Sous le Second Empire, Eugène Schneider fit du Creusot une usine gigantesque, tout en étendant son pouvoir au monde des affaires, de la finance et de la politique. Vice-président du Corps Législatif à partie de 1852, il accéda à la présidence en 1867. Il était lié avec Paulin et Talabot, le maître du P.L.M. (Compagnie ferroviaire)… Il était au conseil d’administration du P.L.M. et de la Société Générale ; il était régent de la Banque de France. Sa prééminence était incontestée chez les maîtres de forges qu’il regroupa en 1864 en un organisme de défense des intérêts de la profession, le Comité des Forges, car le poids économique du Creusot était considérable. A la fin de l'Empire, il produisait plus de 130 000 tonnes de fonte, presque autant de fer, plus de 100 locomotives par an… Après la guerre, sur les instances du gouvernement, Schneider se tourna vers la fabrication de canons en acier, à l'instar de Krupp.
    Eugène Schneider était un « fondateur » : issu de la bonne bourgeoisie, il devint un des hommes les plus puissants de l’économie, non seulement par ses capacités, mais aussi par ses liens familiaux et par l’appui de la banque Seillière. Après sa mort en 1875, la dynastie familiale se perpétua avec son fils Henri (1841-1898), son petit fils Eugène (1868-1942) et son arrière-petit-fils Charles (1898-1960), dernier du nom.
Patrick Verlet, La révolution industrielle 1760-1870, M.A. Editions, 1985.

Chronologie :
1838 : les Etablissements Schneider produisent leurs premières locomotives
1839 : construction de bateaux à moteur pour la navigation fluviale
1853 : début de la construction de ponts métalliques
1857 : début de la construction de charpentes métalliques
1870 : début de la production d’acier Bessemer au Creusot.
1876 : construction d’un marteau-pilon de 100 tonnes
1880 : début de la production d’acier Thomas au Creusot
1889 : mise au point par les établissements Schneider des aciers au nickel
1895 : électrification des usines et production de matériel électrique
1897 : début de la production d’artillerie « Schneider Canet » (canon de 75)
1900 : première locomotive électrique d’essai
1925 : construction par les établissements Schneider de la centrale hydroélectrique de Chancy-Pougny (frontière suisse) pour l’alimentation des usines du Creusot.
1929 : mise au point par le laboratoire des Etablissements Schneider d’acier inoxydable.
 

Un grand patron, Henri Schneider.
« L’intervention de l’Etat ? Très mauvaise ! Je n’admets pas un préfet dans les grèves ; c’est comme la réglementation du travail des femmes et des enfants ; on met des entraves inutiles, trop étroites, nuisibles surtout aux intéressés qu’on veut défendre, on décourage les patrons de les employer et ça porte presque toujours à côté.
La journée de huit heures ? Oh ! Je veux bien ! dit M. Schneider, affectant un grand désintéressement, si tout le monde est d’accord ; je serai le premier à en profiter, car je travaille moi-même plus de 10h par jour… Seulement les salaires diminueront ou le prix des produits augmentera, c’est tout comme ! Au fond, voyez-vous, la journée de 8 heures, c’est encore un dada (…). Dans cinq ou six ans on y pensera plus, on aura inventé autre chose.
Pour moi, la vérité, c’est qu’un ouvrier bien portant peut très bien faire ses 10 heures/jour et qu’on doit lu laisser libre de travailler davantage si cela lui fait plaisir.
Cité dans J. Huret, Enquête sur la question sociale : interview d’H. Schneider, 1897.

Eloge de la méthode Schneider.
Un général, si habile qu'il soit, ne pourrait vaincre avec une armée indisciplinée. Le directeur du Creusot en était convaincu, mais il savait aussi qu'il n'y a qu'un moyen d'obtenir une discipline durable, c'est de la graver dans les jeunes cœurs. Aussi, dès le début, il a installé de belles écoles dans la cour même du château de la Direction et soixante-dix instituteurs ou institutrices étaient chargés, il n'y a pas longtemps d'instruire plus de trois milles enfants. […] On ne se contente pas d'élever les enfants, on donne une retraite aux parents, sans leur faire subir la moindre retenue. Après vingt-cinq ans de service un ouvrier reçoit en moyenne 500 F de rente s'il est garçon et 750 F s'il est marié; mais, à une condition pourtant, c'est qu'il soit français. Ajoutons encore que pour 6F par mois, il est logé dans une jolie petite maison, entourée d'un jardin et que, s'il est malade, il est soigné gratuitement.
Professeur Lafon, Une visite à l'usine du Creusot, 1884.


La contestation de la méthode Schneider
    L'administration de l'usine leur vend du terrain et leur fait au besoin de bâtir des maisons avec facilité de payer au moyen de retenues mensuelles faites sur le salaire. Une fois le marché conclu, ces malheureux s'exténuent chaque jour à piocher, fumer et embellir le légendaire jardinet attenant à la maisonnette; quand ils ont travaillé là un an ou deux, ils sont forcés de subir tous les caprices de leurs chefs et au besoin la diminution de leur salaire car n'ayant pas d'argent pour achever le payement de la dette, ils sont mis dans cette alternative: ou laisser à la Compagnie pour le prix d'achat  ce lopin de terre, qu'ils ont arrosé de leurs sueurs, ou courber la tête sous toutes les vexations. C'est ainsi qu'en tombant dans le piège capitaliste, de pauvres locataires deviennent de misérables propriétaires.[…]
    Sur quatre cent femmes environ occupées dans les chantiers, un dixième à peine font un travail qui n'excède pas leurs forces; […] C'est le travail des hauts-fourneaux qui en occupe le plus grand nombre. Elles sont employées à rouler le minerai de fer dans des brouettes excessivement lourdes; il y a une équipe de jour et une équipe de nuit en toute saison.
J.B. Dumay, Un fief capitaliste, Le Creusot, 1882.

Des élections au  Creusot
« Dans cette ville où les rues, les places, les monuments, tous les édifices publics sont la propriété de M. Schneider, dans cette ville où l’on voit les petits gamins qui se rendent à l’école, porter le ceinturon aux armes de M. Schneider, dans cette ville où tout rappelle la domination du maître de forges, dans cette ville où s’élève le château de la Verrerie, symbole de la domination la plus odieuse qui soit. […] M. Schneider, révolté de voir que ses milliers d’ouvriers, dans la liberté du scrutin, l’avaient battu (lors des élections municipales de 1931, deux opposants sont entrés au conseil municipal), a alors chassé un certain nombre d’entre eux, pour obliger les autres à se soumettre ; il a décimé son personnel désormais plis souple et plus bienveillant pour la politique qu’il veut faire.
Discours de Léo Lagrange, député socialiste, le 7 avril 1933.

 

3. Autres documents dans les manuels

1ère S:

- Nathan, collection J. Marseille: Le Creusot: une ville, une famille, une entreprise, pp 30-31. (documents : Le Creusot vu par Guy de Maupassant, Chanson éditée à l'occasion du centenaire d'Eugène 1er, vitrail Henri 1et en Saint-Eloi)
- Bréal, Les Schneider, des patrons tout-puissants?, pp 54-55. (documents: Tableau d'Aimé Morot, Eugène Schneider et ses trois fils, texte de J.B. Dumay).
- Hatier, p14: Photographie d'un atelier d'ajustage au Creusot en 1881.
- Hachette, p34: Règlement des usines du Creusot en 1900.

Proposition d'exploitation

Etude de cas : Le Creusot, un fief industriel (1836 – 1939)

 Première partie : Le Creusot, une ville née de l’industrialisation.

Etude des paysages : voir première partie du diaporama.

Deuxième partie : Naissance et développement de l’entreprise Schneider.

Questions :

  1. Quelle est l’activité de base de l’entreprise Schneider ? A quels autres domaines d’activité s’est-elle étendue ?
  2. Quels atouts ont permis le développement industriel du Creusot ?
  3. Quelles innovations ont soutenu la croissance de l’entreprise ? Quels événements historiques ont orienté les productions ?
  4. Montrez que l’entreprise est à la fois acteur et facteur de la croissance.

Troisième partie : Une ville sous l’emprise d’une idéologie : le libéralisme, et d’une méthode : le paternalisme.

Questions :

  1. Après avoir recherché la définition du libéralisme, relevez les arguments  montrant qu’H. Schneider est un patron libéral.
  2. Pourquoi peut-on dire que les Schneider exercent un pouvoir sur les ouvriers ? En quoi les Schneider peuvent-ils être qualifiés de paternalistes ? (définition du manuel)
  3. Quelles sont les conséquences de l’industrialisation et du paternalisme sur la vie quotidienne des ouvriers ? (Vous dégagerez des conséquences positives et négatives)
  4. Comment le système Schneider est-il contesté ? Pourquoi ce système est-il contesté ? Quelle est l’idéologie des contestataires ? Comment les Schneider réagissent-ils face à la contestation ?

 Etude de cas mise au point par Cécile De Joie (Lycée Romain Rolland, Clamecy), à partir de travaux de Jean-Marc Noize (Lycée Charles de Gaulle - Dijon) et d'Angélique Marie (Lycée Carnot - Dijon)

Sur le web