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La mondialisation : les déséquilibres alimentaires dans le monde. (se nourrir)

mardi 23 février 2010, par J-F Boyer webmestre

Cette séance est née de la découverte des photos de Peter Menzel. Huit sont visibles dans la Documentation photographique de septembre-octobre 2007. Elles montrent l’écart entre les pays riches et les pays pauvres. Elles montrent aussi les risques d’obésité d’un côté et les risques de sous-nutrition de l’autre côté. Le site de Peter Menzel est à voir également pour ses photos de familles qui exposent leurs biens devant leurs maisons.

Cette séance d’une heure s’inscrit dans la dernière partie de mon cours sur la mondialisation en troisième : Séquence 3 : La mondialisation  : II°) les déséquilibres .
Séance 1 : Explosions démographiques et migrations.
Séance 2 : les déséquilibres sociaux au nord et au sud.
Séance 3 : les déséquilibres alimentaires dans le monde.

Le III°) est une séquence courte consacrée à une autre mondialisation possible avec l’exemple du commerce équitable.

Ce travail peut être utile pour le programme de seconde et dans les nouveaux programmes de 5e et 4e

La séance est envisagée en cours dialogué avec le videoprojecteur et un lien internet pour permettre de lire et analyser les documents. Avec plus de temps ( choix !) on peut envisager une fiche et un travail en salle informatique par ex...

Problématique :
la mondialisation : les déséquilibres alimentaires dans le monde (déséquilibres aux sens biologique et géographique)

Compétences :
identifier les déséquilibres alimentaires : nourriture trop riche dans les pays développés (obésité dans les pays du nord à l’exception du Japon avec le régime du poisson, obésité au Mexique, lien EU) et insuffisante dans les pays pauvres (en particulier en Afrique).
repérer inégale répartition des superficies agricoles disponibles très dans le monde (problèmes : développement durable, accaparement par les firmes et pays du nord : ex : terres achetées par la Corée du sud ; le soja OGM en Argentine au détriment de la polyculture ou agriculture vivrière, subventions agricoles...).
Réfléchir sur la question de l’aide : Aide à la petite agriculture par exemple dans les pays du sud par des ONG ; aide internationale : solution ?

Capacités :

localisation, analyse, causes et conséquences, esprit critique. Construction d’un organigramme.

Socle commun :

Compétence 5. Lire et utiliser différents langages :
- (lire et) faire (des croquis, schémas et) organigrammes
- [...] apprendre à prélever et à croiser les informations, à confronter les documents
Compétence 5. Comprendre l’unité et la complexité du monde
- connaître des critères de richesse et de pauvreté (et présenter les
inégalités de développement à diverses échelles)

Démarche :
1h sensibilisation à la diversité des régimes alimentaires et aux déséquilibres alimentaires sur notre planète. La séance s’inscrit dans un travail avec le vidéoprojecteur, l’accès internet (ou enregistrement des documents) et en cours dialogué.
Une fiche de travail est donnée : à remplir au cours de la séance.

1er temps : Observation et analyse du diaporama (plus rajout de la photo de la famille française ! à chercher sur internet). 10 mn
2e temps : les cartes : la sous-alimentation et l’obésité dans le monde (5mn) Il est intéressant de cliquer rapidement de l’une à l’autre carte !
3e temps : un extrait d’un article du journal Le Monde (quelques explications sur les relations entre les firmes, les Etats du nord et les pays d’Afrique ; le texte de B. Parmentier. Construire un organigramme. (le reste de l’heure).

 
Document pour les élèves : les deux cartes, les adresses internet des photos et les deux textes. Pour des raisons de droits les photos ne sont pas présentées.
 
Précisions : le rôle des firmes peut être vu avec le commerce équitable

TICE :

vidéoprojecteur et accès internet (version possible en salle informatique mais il faut prévoir un temps plus long). Le cours a été testé en salle avec le vidéoprojecteur. 
 
Documents :

Tous les documents utilisés sont indiqués avec leurs sources sur Internet. (Pour des raisons de droit de propriété les documents photos ne sont pas présentés dans cet article mais sont visibles aux adresses indiquées)

Cartes : l’obésité dans le monde et la sous-alimentation dans le monde en 2005.
adresses : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/motcle/cartotheque-themes/agriculture-alimentation.shtml

Photos : de Peter Menzel
Son site : http://www.menzelphoto.com/


En cliquant Peter Menzel dans Google, on peut voir les photos sur le thème de la faim. L’auteur est aussi à l’origine de photos avec des familles qui montrent ce qu’elles possèdent dans leurs maisons....

Diaporama qui circule sur le net voir cette adresse : http://blog.tcrouzet.com/2008/01/26/hungry-planet/

La crise alimentaire qui affecte de nombreux pays pauvres n’est que l’aggravation d’une situation depuis longtemps dramatique : plus de 1 milliard de personnes en Afrique, en Amérique latine, en Asie du Sud souffrent de malnutrition aiguë. Pouvoir faire un ou deux repas quotidiens qui apportent quelques centaines de calories est, jour après jour, leur première préoccupation.
Les causes de cette aggravation ont été expliquées. Une raison importante a été généralement oubliée : le dépérissement, notamment en Afrique, de la petite exploitation vivrière, celle qui approvisionne les marchés locaux en produits alimentaires : céréales, manioc, fruits et légumes, volaille, etc.
L’agriculture traditionnelle a en effet largement fait place à des cultures à vocation industrielle (arachide, café, cacao, coton, caoutchouc...) destinées à l’exportation. Notons que l’on n’exporte en général que des produits bruts, sans valeur ajoutée sur place. Cette orientation productiviste, poussée parfois jusqu’à la monoculture pour un même pays, a été appuyée par les bailleurs de fonds, par des politiques de coopération à courte vue, aussi bien que par les gouvernements locaux, toujours friands de grands projets ; à l’origine, et pour sa mise en oeuvre, on trouve de grandes entreprises du Nord, qui en ont tiré de formidables profits. Ce processus est en train de se répéter avec les biocarburants.
Or tout cela a tourné au désastre. Sur les marchés des matières premières, ces nouvelles cultures ont été concurrencées par celles de pays asiatiques, où la main-d’oeuvre est très bon marché et la productivité élevée, et par celles des Etats-Unis et de l’Europe, qui subventionnent leurs producteurs. Cela concerne par exemple le coton, le café, le riz, le maïs.

Stéphane Hessel Robert Lion, Le Monde, 24 avril 2008.

 

Documents sur les terres cultivables : http://www.lemonde.fr/planete/infographie/2008/06/03/un-important-potentiel-de-terres-cultivables-dans-le-monde_1052915_3244.htm (attention il faut taper dans google les mots clefs répartition des terres cultivables dans le monde pour retrouver ce document et non passer par l’adresse directement...)

 

Un autre document explicatif pour montrer les relations commerciales entre les nords et les suds :

Sur son unique hectare de terre, sans machine, sans transaction animale, sans semence sélectionnée, sans insecticide, sans engrais, le paysan du tiers monde va produire dix à vingt quintaux de céréales. Pour gagner 1$ par jour, il doit être en mesure de vendre sa récolte 18 à 36$ par quintal.
Bien loin de là, sur ses 100 hectares, équipé de tracteurs, moissoneuse-batteuse, semences, engrais, pesticides, insecticides, etc. ; l’agriculteur européen va produire, lui, 8000 quintaux. Il a certes fait d’importantes dépenses pour mettre en oeuvre toute cette technologie et s’attribue un salaire décent, mais l’ensemble de ses charges n’exède pas environ 15$/q. (...) C’est le prix de revient le plus bas qui détermine le cours mondial des céréales. Pour accéder au marché mondial, le paysan français va recevoir des subventions de l’Union Européenne, qui représenteront environ la moitié de ses revenus. De même pour les paysans nord-américains. Comme le prix du transport maritime pour les grands volumes sont désormais dérisoires (alors qu’ils peuvent grimper en flèche à l’intérieur des terres), on voit ainsi le blé normand ou picard ( ou d’Ukraine ou du Middle west) arriver à Dakar ou à Lagos, à des prix se situant autour de 8$/q à 10$/q. Les productions sénégalaises et nigériennes sont alors laminées".

Bruno Parmentier, Nourrir l’humanité.

Annexe : Un autre texte de B. Parmentier, Nourrir l’humanité, à propos du cacao :

Pour le cacao, on compte 14 millions de producteurs et des centaines de millions de consommateurs, mais seulement quelques intermédiaire. A Londres, par exemple, le nombre de sociétés de négoce est passé de trente en 1980 à une dizaine en 1999. Trois sociétés dominent à elles seules 40% du commerce international et de la première industrialisation : Cargill, ADM et Barry Callebaut. Derrière elles, cinq entreprises d’élaboration du produit fini se partagent 50% du marché mondial : Mars, Hershey Food, Kraft Jacobs Suchard, Cadburys, Ferrero. Résultat : le producteur ne reçoit qu’environ 2 à 4% de la valeur finale de son produit.

Bilan : au pas de course, mais les photos ont bien introduit le sujet "les déséquilibres alimentaires".

Bibliographie :
J.P. Charvet, L’agriculture mondialisée, La Documentation photographique, septembre-octobre 2007
B.Parmentier, Nourrir l’humanité, la découverte poche, octobre 2009.
L’article sur le site académique de Dijon de Bernard Hojlo : http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spiphistoire/spip.php?article149