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Le retour des haies, un marqueur de développement durable ?

Des haies sont aujourd’hui plantées en châtillonnais, dans quel contexte ces actions s’inscrivent-elles ? En quoi peuvent-elles être un élément de développement durable ?

vendredi 5 novembre 2010, par Mathieu Chartier



L’idée de ce travail m’est venue par la contemplation des paysages du plateau sur lequel je vis et je travaille, celui du Châtillonnais. J’ai pu les observer en notant qu’ils changeaient parfois imperceptiblement sous les effets des actions de l’Homme. L’activité présentée doit permettre à des élèves de comprendre que le paysage est un objet géographique singulier, qui met en évidence les rapports complexes qui s’établissent entre une société et son milieu.

Ce cheminement pédagogique vise à observer l’installation de haies dans le Nord de la Côte-d’Or et à comprendre le contexte de ces plantations dans une zone caractérisée par l’openfield ou les grands massifs forestiers. Ce travail permet de réaliser plusieurs analyses de paysages et d’en déduire l’importance de l’empreinte humaine à travers ses mutations.

Outils proposés et employés :

Un diaporama pour les professeurs qui expose tous les cas proposés et envisage des pistes de réponses.

Un diaporama élève complet qui nécessite une heure pour y répondre. Celui-ci peut-être facilement subdivisé en un ou plusieurs modules d’une vingtaine de minutes. Prévoir aussi un temps équivalent de correction. Cette année j’envisage d’employer ce travail sous cette forme raccourcie dans le cadre de mes groupes d’accompagnement personnalisé. Cela me permet de faire faire de la géographie, de revenir sur le concept de développement durable, de compléter le chapitre « Nourrir les hommes ». Les groupes d’AP sont d’une quinzaine d’élève, je peux les faire travailler en salle informatique de manière autonome les vingt premières minutes. Puis, j’organise la correction dans le temps restant avec notamment l’utilisation d’un tableau blanc interactif. Celui-ci me permet de dégager les éléments importants des paysages proposés. (Différents plans, permanences, mutations, organisation…).

Un fichier Google Earth (kmz) permet de repérer systématiquement tous les paysages qui sont analysés. Il suffit d’utiliser la fonctionnalité « street-view » pour porter un regard au sol à 360°, parfois la saison est différente de la photo proposée dans le diaporama.

 

Insertion dans les programmes de Lycée :

Dans le nouveau programme de géographie de seconde, « Sociétés et développement durable » : On peut observer ici des paysages profondément anthropisés, non la préservation d’une nature déifiée ou sanctuarisée.

Le développement durable se définit comme une tentative pour concilier l’efficacité économique, la qualité de l’environnement et le développement humain et social. On peut ici repérer de manière plus ou moins évidente chacune de ces dimensions en utilisant par exemple les trois cercles entremêlés du développement durable. La composante sociale, la dimension culturelle et les questions de gouvernance peuvent être approchées en tenant compte de différentes temporalités, des spécificités du plateau châtillonnais. (Tradition bocagère ou non, échelles décisionnelles du national au local…). Cela permet aussi de dépasser l’impression d’un monde rural immuable, figé en mettant en valeur les relations entre la société, son milieu et les mutations induites.

 

Cette démarche peut s’insérer dans le chapitre de seconde « Nourrir les Hommes, développer des agricultures durables ? ». On peut voir ici les tensions liées à aux usages des espaces agricoles, quelles places peuvent tenir ces haies ? (Esthétique du paysage, production énergétique, concurrence avec les productions vivrières, biodiversité, voisinage entre paysans, mais aussi avec les chasseurs ou les citoyens soucieux de l’environnement parfois d’ailleurs non-ruraux…). Il est possible aussi d’avancer sur les notions de paysage d’openfield homogène pauvre en biodiversité et de paysage de bocage hétérogène permettant une plus grande diversité des espèces. Le site internet proposé à la fin du diaporama peut-être une piste pour parler du militantisme écologique et de son rôle dans nos sociétés, en particulier dans le monde rural. La dimension prospective peut être avancée avec l’agroforesterie évoquée en conclusion.

 

En Collège, enseignant en Lycée, j’ai prélevé quelques items des nouveaux programmes dans lesquels ces exercices pourraient éventuellement s’insérer :

6ème  : « Mon espace proche : paysages et territoire »

Lecture des paysages quotidiens et découverte du territoire. Cet espace proche est situé à différentes échelles : régionale, nationale et mondiale

« Habiter le monde rural »

La diversité des paysages ruraux, dépendent de facteurs multiples, parmi lesquels les conditions naturelles, économiques, démographiques et culturelles. Deux études de cas reposent de manière privilégiée sur l’étude de paysages.

5ème  : « Les enjeux du développement durable »

Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du développement durable dans un territoire sont précisés, définis et mis en relation.

Enfin, cette réflexion sur les haies et les reliquats forestiers isolés peut être adaptée au contexte local dans lequel se trouvent les élèves. Le professeur peut développer, s’approprier cette étude dans la région de son choix. Il suffit alors de changer les supports iconographiques et les éléments géolocalisés.