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Une ville des Etats-Unis : Los Angeles

dimanche 2 janvier 2011, par J-F Boyer webmestre

L’été dernier, proche de Copenhague j’ai visité le musée Louisiana. (le museum for moderne kunst). A l’intérieur, une oeuvre de David Hockney m’a interpellé par ses couleurs vives et sa dimension : il s’agissait d’une représentation du Grand Canyon. En recherchant des informations sur cet artiste, je suis tombé sur une autre oeuvre, "Mulholland Drive : The Road to the Studio", datée de 1980. A partir de là j’ai trouvé intéressant de bâtir un cours sur cette ville monde : Los Angeles puisque l’on voit aussi bien les collines que l’étendue de la ville sur cette toile.
Or un des points importants de la ville américaine est l’étendue de celle-ci, l’urban sprawl, même si souvent on évoque le Down Town avec ses gratte-ciel. Los Angeles a des particularités, une ville polynucléaire, encore que le phénomène se généralise à d’autres villes.. (voir Détroit par exemple).
Mais on retrouve des caractéristiques communes à toutes les grandes villes (Down Town, ville étendue avec des quartiers riches, pauvre, raciale, ghettoïsation, ville monde...) ;
"L’urban sprawl correspond à un phénomène d’étalement urbain se poursuivant au gré de la construction des routes et autoroutes, de la dynamique d’implantation d’entreprises soucieuses de bénéficier d’un cadre agréable au moindre coût et des lotissements résidentiels (y compris les lotissements sécurisés, les gated communities). Il présente un territoire fragmenté et incorpore en fait deux figures, l’edge city et l’edgeless city,6 deux entités rivales du traditionnel downtown de la ville-centre ayant réussi à attirer emplois et entreprises." Cynthia Ghorra-Gobin.

Ce travail est facilité par la création d’un répertoire google maps et google street view développée par J-C Jost du groupe TICE de l’académie de Dijon, permettant de placer des lieux visités dans ces fonctionnalités de google (également pour youtube...) ...
Voir l’adresse : http://www.couteausuisse.com/sv/

Problématique : Los Angeles, une ville américaine, une ville monde ?

Démarche :

La première partie insiste sur l’étendue de la ville et l’irrigation par les axes de circulation.
La seconde partie insiste sur le Down Town, et le choix de construire des gratte-ciel symbole d’une ville-monde, l’éparpillement des activités dans l’agglomération.
La dernière partie traite des quartiers et du phénomène corrolaire de ghettoïsation. Cette partie est réalisée en travail de groupe avec la salle informatique.

Ce travail est réalisé pour le niveau 3e mais peut être ajusté avec le programme de 5e, habiter la ville ou encore le nouveau programme de 4e Les États-Unis dans la mondialisation et les conséquences de la mondialisation sur l’organisation du
territoire.


Compétences :
Rédiger un texte bref, cohérent et ponctué, en réponse à une question ou à partir de consignes données.
Développer de façon suivie un propos en public sur un sujet déterminé
Lire et employer différents langages : textes – graphiques – cartes – images – musique (ici les TICE)

Quelques éléments issus du travail de Cynthia Ghorra-Gobin.

Los Angeles est une ville à part dans le phénomène urbain américain. Pourtant cette métropole de 15 millions d’habitants (si on compte le grand Los Angeles) présente des éléments que l’on retrouve dans les autres grandes métropoles.

Los Angeles a choisi le pavillon et le jardin au XIXe siècle, accompagné de la voiture dès les années 1920. La centralité n’existe pas à Los Angeles. Il est difficile de retrouver un centre ancien (Pueblo, quelques dizaine de m²). Le Down Town est reconstruit dans les années 80 avec les gratte-ciel nécessaires selon les édiles pour que Los Angeles devienne la métropole du Pacifique et entre dans l’espace monde. Le gratte ciel est le symbole de la ville monde.

L’espace public est voué à la voiture, il en ainsi des longues highway pénétrant et encerclant Los Angeles. De même, le Down Town présente des gratte-ciel « bunker » puisque les galeries marchandes sont à l’étage, les parkings souterrains. La ville n’est pas faite pour marcher…

 Cette immensité est composée de quartiers avec des espaces associatifs pour compenser l’absence d’espace public dédié aux flâneurs (exception par exemple des plages) mais aussi d’une ségrégation entre les quartiers noirs (ghetto), les quartiers latinos (Barrios) de South L.A, les quartiers chics des hauteurs, Beverley Hills, les quartiers WASP à l’ouest ou encore les quartiers fermés (les gated communities).

Dans cette immensité, les activités économiques sont disséminées un peu partout, dans le Down Town, les edges cities (pôle moins haut que le Down Town avec le centre commercial, des bureaux et des entreprises) et les edgeless cities (territoire organisé par les entreprises sur une surface vaste sans frontière définie avec une densité faible et accessible par la voiture par exemple).

Quelques informations sur la pauvreté : source : David Giband, l’Amérique du Nord, 50 cartes et fiches, Ellipses, 2010.

La pauvreté touche environ 35 millions d’habitants (13% de la pop), un individu ou une famille avec de faibles revenus (désindustrialisation et travail précaire, à temps partiel…), monoparentaux et l’individu isolé (le Homeless). La pauvreté touche surtout les noirs, les hispaniques et les femmes. Le fait que les noirs résident dans le centre alors que les activités se retrouvent dans les périphéries est pénalisant. Mais la pauvreté n’est plus seulement dans les ghettos : elle s’est diffusée dans les périphéries pavillonnaires, exacerbée par la crise de 2008.La pauvreté écrit David Giband se métropolise (100 premières villes : 29% de pauvre en 2000 à 35% en 2010). La carte des hispaniques montrent qu’ils ne sont plus seulement dans les Barrios. Les classes moyennes blanches souffrent aussi de la désindustrialisation dans les villes de l’automobile (Flint et Détroit) par exemple. [Pauvreté : région sunbelt, black et hispanique, pauvres blancs Mississippi et centre appalache]

 

Bibliographie :

Cynthia Ghorra-Gobin, Los Angeles, le mythe américain inachevé, Cnrs édition, 2002.

Régine Robin, Mégapolis, les derniers pas du flâneur, Stock, 2009

Bernard Henri Lévy, American Vertigo, livre de poche, 2007

Gérard Dorel, Atlas de la Californie, Autrement, 2008

 

Sitoweb :

Site pour les cartes ségrégation à Los Angeles : http://www.census.gov/hhes/www/housing/housing_patterns/front_toc.html et http://www.ssgmain.org/CDGIS.htm

Article de Cynthia Ghorra-Gobin : De la ville à l’urban Sprawl La question métropolitaine aux États-Unis (http://www.cercles.com/n13/ghorra.pdf )

Un autre article à propos de la répartition des activités économiques dans les villes américaines : http://www.newcolonist.com/edgeless.html

Article à propos d’une exposition sur les global cities d’où est tiré l’image de Los Angeles d’Andréas Gursky : http://arttattler.com/architecturecities.html (la photo que j’avais prise lors de cette exposition à la Tate n’est pas terrible donc j’ai repris celle de ce site…).

Site à propos de l’artiste David Hockney : http://www.hockneypictures.com/works_paintings_00.php

Site de Fisher avec des cartes montrant les villes américaines et la ségrégation : http://www.flickr.com/photos/walkingsf/sets/72157624812674967/with/4982024006/

 

Autre texte :

 

Bunker Hill est un vieux coin perdu, délabré, mal famé. A une époque, il y a très longtemps, c’était le beau quartier de la ville et on y trouve encore de ces hôtels particuliers de style gothico-biscornu, avec leurs larges perrons, leurs murs couverts d’ardoises arrondies et leurs vastes fenêtres cornières ornées de tourelles. Ce ne sont plus que des maisons meublées à présent (…). Dans leurs vastes chambres aux hauts plafonds, des gérantes mal peignées se chamaillent avec des locataires insolvables. »

Raymond Chandler, la Grande Fenêtre, Paris Gallimard, coll « Folio », 1989 (1949), page 80-81.

ps : 9 février, j’ai reformulé la définition d’edge city avec l’aide d’un travail de Cécile de Joie.Merci Cécile...