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Le séisme au Japon du 11 mars 2011 et la centrale nucléaire de Fukushima.

Le Japon entre risques naturels et dépendance énergétique : au lendemain du séisme du 11 mars 2011, le cas de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

mercredi 16 mars 2011, par Mathieu Chartier

Les premières images de la catastrophe qui touche le Japon depuis le 11 mars nous montrent un séisme d’une puissance extraordinaire dont les conséquences se feront sentir pendant longtemps pour ce pays. Bien entendu le secours des personnes est aujourd’hui l’urgence après le tsunami consécutif. Pourtant c’est la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi qui "tient le devant de la scène". Comment donner des éléments d’explication à nos élèves qui puissent être intelligibles ? Comment la société japonaise peut-elle faire face ? Au fond, pourquoi ce sont nos modèles énergétiques qui sont en question ?

Présentation : Une triple catastrophe se déroule depuis le vendredi 11 mars 2011, dans le nord du Japon, sous nos yeux incrédules. Au séisme et au tsunami hors norme s’ajoute un accident nucléaire majeur qui plonge la société japonaise dans un cauchemar. Nos élèves nous pressent légitimement de questions auxquelles nous essayons tant bien que mal d’apporter des éléments de réponses. Difficile de se faire une opinion au fil de cette actualité intense. C’est une double catastrophe, naturelle et technologique, à laquelle nous devons réagir quasiment en direct. Dans les médias les experts se succèdent nourrissant souvent l’angoisse nucléaire, mais le cataclysme est d’abord et avant tout humain. Les images stupéfiantes du séisme et du tsunami sont désormais remplacées par les cohortes de rescapés, de blessés ou les corps des victimes. Cette actualité en cours nécessite donc, me semble-t-il, beaucoup d’humilité en essayant de garder un certain recul de notre part.

La démarche ici mise en ligne va devoir sans doute rapidement être révisée compte tenu des évènements. Elle se focalise surtout sur les mécanismes de base du séisme et du raz de marée qui suivit pour en saisir l’ampleur considérable. Il me semble impossible de travailler sur le sort des populations car les secours sont à pied d’œuvre et nous n’avons pas beaucoup de visibilité. Humainement, l’exercice est très délicat et se rapproche du travail de journaliste. La réflexion peut-être nourrie avec les questions et remarques des élèves. En revanche, sur le plan de la catastrophe nucléaire dans la centrale de Fukushima Daiichi, nous disposons d’outils qui peuvent permettre d’éclairer quelque peu la situation.


Problématique :   L’électricité d’origine nucléaire est exploitée dans 31 pays. Elle représente 16% de la production électrique mondiale, soit autant que tous les barrages hydroélectriques réunis. (Bertrand Barré, Atlas des énergies,  Autrement, 2007). Cette énergie peut séduire dans le contexte de la lutte contre le changement climatique (peu carbonée), elle offre aussi une possibilité de diversification du bouquet énergétique face au renchérissement des hydrocarbures. Enfin, l’uranium est un concentré d’énergie potentiel. En effet, la fission d’un gramme d’uranium dégage plus d’énergie que la combustion d’une tonne de pétrole. 

Pourtant, l’actualité de ces derniers jours pourrait remettre en cause la dynamique précédente qui semblait de nouveau porter la filière nucléaire. La France, un des leaders mondiaux, entend bien profiter de ce marché pour conforter sa position.

Dans la mémoire collective, le nucléaire civil est souvent aussi associé à un danger inodore, incolore, et donc diffus mais bien réel. Les noms de Three Mile Island ou de Tchernobyl sont là pour rappeler les dangers de sa non-maîtrise. Nos élèves connaissent souvent beaucoup de choses sur l’accident de la centrale ukrainienne alors que les faits remontent à plus de vingt ans. Fukushima Daiichi réveille en nous et chez les jeunes des visions cauchemardesques qui peuvent être difficiles à dénouer compte tenu du secret qui entoure souvent cette activité. De sérieuses controverses secouent le nucléaire alimentées par des oppositions très vives, parfois dogmatiques. La gestion des déchets et l’opacité qui  entourent ce secteur sont deux sujets emblématiques de ces débats.

Ces dernières années, la production électronucléaire marquait le pas malgré l’impératif climatique qui pouvait le favoriser. Le vieillissement du parc nucléaire et la difficulté de lancer des programmes de construction souvent titanesques peuvent expliquer ce paradoxe. Essayons d’apporter quelques éléments d’explication à cet accident industriel inédit.

Capacité : Pour le moment, en priorité, essayer de donner un peu de recul aux élèves. Poser quelques jalons sur la vulnérabilité de nos sociétés modernes. Evoquer la solidarité internationale et montrer que la société japonaise se prépare aux catastrophes.


Tice : Salle informatique si possible, TBI, Google-earth, internet avec certaines sources en anglais. Croquis construit avec Powerpoint qui pourrait faire l’objet d’un exercice guidé.


Bibliographie/sitographie : Au long des supports, les sources sont citées et la plupart des liens internet sont volontairement actifs.