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Martin Luther, premier réformateur

jeudi 1er septembre 2011, par P.Rigaud, T.Keck

 Coulisses de la leçon :

 

· Ce que dit le programme officiel :

 

Bulletin officiel n° 4 du 29 avril 2010 Thème 4 – Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l’époque moderne 10– 11 h Question

obligatoire

Mise en oeuvre

L’élargissement du monde

(XVe-XVIe siècle)

 

On traite une question au choix parmi les deux suivantes

Mise en oeuvre

Les hommes de la Renaissance

(XVe-XVIe siècle)

Une étude obligatoire :

un réformateur et son rôle dans l’essor du protestantisme ;

et une étude choisie parmi les deux suivantes ;

- un éditeur et son rôle dans la diffusion de l’Humanisme ;

- un artiste de la Renaissance dans la société de son temps.

 

L’essor d’un nouvel esprit scientifique et technique

(XVIe-XVIIIe siècle)

 

 

Cette leçon s’insère donc dans le thème 4 d’histoire "Les nouveaux horizons européens", plus précisément dans la partie consacrée aux hommes de la Renaissance


 

  • Ce que disent les ressources pour le lycée…

 

Les hommes de la Renaissance

PROBLÉMATIQUES

La notion de modernité apparaît incontournable pour comprendre la pensée et l’action des hommes de la Renaissance. Déclinée à l’échelle de l’individu, elle conduit à mettre en évidence le paradoxe qu’elle recèle aux XVe et XVIe siècles : celui d’une époque où la conscience du progrès humain cohabite avec le désir d’un retour passéiste à un âge du Beau et du Bon. La tension entre ces deux sentiments, l’un tourné vers le futur, l’autre vers le passé, semble être commune aux hommes de la Renaissance et engendre l’aspiration à une réforme comprise comme un retour aux sources, une refondation.

« L’homme de la Renaissance » se définit lui-même comme étant en rupture avec la civilisation médiévale. Si cette idée qui circule abondamment au XVe siècle est largement un mythe, le dynamisme culturel indéniable de la période se caractérise par un intérêt renouvelé pour l’homme, son rapport à Dieu et son action sur le monde. En usant du pluriel, le programme invite à aborder la pensée et les sociétés de la Renaissance à travers une série de figures, qui, dans leurs activités spécifiques, contribuent à les caractériser : le réformateur, l’éditeur-humaniste, l’artiste.

La réflexion sur l’homme contribue à son évolution et à celle des sociétés, à une époque de changements rapides dans de nombreux domaines d’activités humaines. L’émulation qui l’accompagne favorise l’émergence de l’innovation comme valeur commune, signant la pleine entrée de l’Occident dans la modernité.

 

SUPPORTS DÉTUDE

Afin de permettre un traitement de la question dans l’horaire disponible, la série de figures proposée est limitée, le choix de l’époque et du lieu sont laissés à l’initiative du professeur. Il est donc impératif de resituer chaque étude dans une évolution d’ensemble et dans une société dont on montrera les spécificités à l’échelle européenne.

 

1. Une étude obligatoire : un réformateur et son rôle dans l’essor du protestantisme.

Il s’agit dans cette étude de mettre en évidence les points suivants :

Le caractère avant tout spirituel de la Réforme. Il est nécessaire de situer l’étude dans le climat religieux de l’époque : jusqu’aux années 1530, les interrogations spirituelles sont mouvantes et « les renaissances religieuses » ne sauraient se limiter à la Réforme. Celle-ci participe d’un état d’esprit qui se caractérise par un élan de pédagogie chrétienne et de retour aux sources d’une Église originelle dans un contexte de contestation de l’Église de Rome. Ce qui importe, c’est la transformation morale que provoque la foi : les pratiques n’en sont qu’une expression qui n’est condamnable que si elle devient première. Nombreux sont ceux venus à la Réforme par l’Humanisme. La question essentielle demeure celle du salut dans la continuité des interrogations et des contestations du Moyen Age.

Le bouleversement de la chrétienté qui résulte de la division religieuse et institutionnelle provoquée par une succession d’évènements. Ainsi, la diffusion des 95 thèses de Luther engendre la polémique puis la rupture avec Rome mais le conflit ne prend de l’ampleur que parce qu’il fait écho à des rapports à Dieu différents, ouvre la voie à l’autonomie de l’individu et affirme sa responsabilité dans le monde. En s’opposant à la conception hiérarchique de l’Église, la Réforme oblige celle-ci à se réformer elle-même, favorisant une nouvelle dynamique catholique qui pérennise la rupture.

La territorialisation progressive des choix confessionnels qui est au coeur des conflits politiques du XVIe siècle. Cette territorialisation est liée notamment à l’utilisation par les princes des aspirations religieuses, à leurs liens avec les réformateurs, et à leur action en faveur ou contre la Réforme.

La dimension sociale des engagements religieux : la vision de la Réforme d’un Thomas Müntzer entre très vite en conflit avec celle de Luther qui appelle les nobles et les princes de l’Empire à réprimer dans le sang les soulèvements paysans. Calvin exprime contre les anabaptistes de Münster la même hostilité. L’insistance sur l’ordre ecclésiastique et social devient très tôt un élément de la Réforme, qui contribue ainsi, comme la réforme catholique, à un processus de « disciplinisation sociale » qui participe de la marche vers la modernité.

 

 

L’étude doit donc aborder :

- Le contexte spirituel/intellectuel de l’époque (question du Salut, mise en avant de l’individu, volonté de retour aux sources, critiques à l’encontre de l’Eglise catholique)

- Les réponses nouvelles apportées par ce réformateur (doctrine, rites…)

- La diffusion de la réforme (les outils de cette diffusion, sa géographie, les limites par les réactions catholiques)


  • Place dans la séance dans la séquence et dans la programmation d’histoire :

 

Ch 1 : La place des populations européennes dans le peuplement de la terre

Ch 2 : La citoyenneté dans l’Antiquité

Ch 3 : Société et culture de l’Europe médiévale

Ch 4 : L’élargissement des mondes (XV° - XVI° siècles)

 

Ch 5 : Les hommes de la Renaissance :

 I) Une nouvelle façon d’aborder le savoir et l’art (avec un sujet d’étude sur L. de Vinci)

 II) Une nouvelle façon d’aborder le rapport entre Dieu et l’Homme : sujet d’étude sur Luther

La séquence sur la Renaissance est prévue pour être traitée en 4 heures (hors évaluation), la séance présentée ici en une heure.

 

  • Des choix nécessaires :

- Quel réformateur choisir ? : banal (Luther, Calvin) ou plus original (Guillaume Farel, Théodore de Bèze)

Notre choix s’est porté sur Luther pour plusieurs raisons pratiques : les manuels retiennent souvent cet exemples, les documents sont donc faciles d’accès en classe ; le personnage est incontournable et doit d’une manière ou d’une autre être abordé. Le choisir en sujet d’étude permet donc de gagner du temps et de traiter la question des nouveaux rapports entre Dieu et les hommes en une seule heure. Sujet d’étude et mise en perspective doivent donc se faire en même temps.

 

- Quels docs choisir ? :

Problème du nombre : La durée du travail implique un nombre restreint de documents. Quatre sont proposés aux élèves sur la fiche de travail, mais d’autres sont joints à cette proposition pour permettre un éventuel approfondissement de la question.

Problème de leur complexité : les questions religieuses font appel à un vocabulaire riche, fin, complexe que la plupart des élèves maîtrisent peu ou mal, il nous est apparu nécessaire de choisir des documents assez courts et accessibles, quitte à perdre une partie de la subtilité de la question…

Problème de la lisibilité : les documents 3 et 4 perdent beaucoup de leur lisibilité en photocopie, il est intéressant de les vidéoprojeter durant la séance.

 

Origine des documents : Nathan (Cote), Magnard, Belin, Hachette. (Ed. Seconde 2010)

 

· Le travail de l’élève durant la séance :

- L’objectif poursuivi : le travail d’argumentation

Il est à la fois présent dans la première question, sur le mode de ce qui est fréquemment utilisé dans les classes de première et terminale STG (choisir une proposition parmi plusieurs et justifier la réponse par des arguments à charge ou à décharge "je choisis celui-là parce que…" ou "je rejette celui-ci parce que…")

Il est également présent dans la dernière question où l’élève est amené à reprendre les notions importantes dégagées plus haut dans le travail et à discuter des termes souvent un peu flous : qu’est-ce qu’être chrétien ? qu’est-ce  que l’Eglise ?…

Cette dernière question amène donc l’élève à réactiver des notions vues plus tôt dans l’année dans le chapitre consacré à l’Eglise médiévale ?

- la démarche choisie :

Les questions 1, 2 et 3 peuvent être traitées en interaction : proposition de plusieurs élèves, discutées, complétées par l’apport de quelques connaissances essentielles et notées.

Les élèves ayant un temps de travail autonome pour traiter de la conclusion à l’écrit qui est corrigée en classe.

Remarque : on peut envisager la situation inverse : un travail autonome sur le questions 1 à 3 et plus encadré sur la conclusion.