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Les surprises géographiques des images d’internet : les cas de Google Earth et Bing Maps

mercredi 25 janvier 2012, par R.Courtot

Les surprises géographiques des images d’internet

J’imagine que comme moi vous fréquentez, pour des raisons documentaires ou pédagogiques, les grands sites d’images aériennes et satellitaires qu’internet nous propose gratuitement. Je ne suis pas un expert dans l’analyse de leur « fabrication » mais je voudrais vous proposer quelques images comparatives de deux sites très connus : Google earth et Bing maps (ex Virtual earth). J’ai choisi des images regardées le 28.12.2011 sur Bing et Google dans la huerta sud de Valencia (aucune originalité dans ce choix : simplement parce que je connais la vérité-terrain de ces images)

Localisation :

 

1) Les vues obliques de Bing maps ou le 3D de Google earth ?

 

Bing maps présente des images aériennes qui ressemblent à des photographies obliques à basse altitude : sauf qu’il s’agit de vues prises en continu, par balayage optique j’imagine, car l’angle optique reste toujours le même ( je l’estime à 45°), et sous 4 orientations différentes (N, S, E, O : boussole en haut à droite de l’image). Une plage de zoom simule un vol à basse altitude. Le résultat est, à grande échelle, une vue aérienne de lecture et d’interprétation assez facile, localisable grâce à la voierie surimposée et légendée (« chemin du puits d’Aparisi » et « entrée de Colero » pour l’image ci dessus). Une échelle graphique est la bienvenue, seul témoin de l’échelle de l’image.
Ici deux « alquerias » de la huerta sud-est de Valencia, entre la ville et le quartier de la Punta (acequia de Rovella et Canal du Turia) vues au zoom maximum et dans l’orientation sud-nord.
Aucun menu de téléchargement : il faut donc imprimer l’écran et récupérer l’image sous photoshop en la débarrassant ensuite des fenêtres et menus encadrant.
 

La même zone vue par le programme 3D de Google earth : il s’agit cette fois d’une image verticale inscrite dans un modèle numérique de terrain, qui permet de voir le sol sous tous les angles et toutes les orientations, mais à partir d’une image « plane ». Celle-ci est enrichie de la présence de « bâtiments en relief » (un des choix du menu). Ces reconstitutions architecturales peuvent être observées sous toutes les coutures, mais les formes « géométrisées » sont virtuelles, et les arbres avoisinant figurent à la fois sur le sol et sur les murs des maisons comme du papier peint !
L’angle de vue que j’ai choisi ici est beaucoup plus faible que dans l’image de Bing (il pourrait être identique) et permet de voir l’arrière plan du paysage, qui est dans ce cas le nouveau paysage urbain de l’ancien lit aval du Turia près de son embouchure : centre commercial à gauche et cité des arts et des sciences à droite (Hémisphéric, Museo de las Ciencias et )
La marge inférieure fournit des indications nécessaires à la lecture : les images satellites utilisées sont datées clairement (à l’inverse de Bing, dont les dates qui figurent sous l’image ne sont que celles de la mise en ligne des photos, avec les copyrights des fournisseurs), et la date centrale surlignée (à côté des coordonnées centrales de l’image) permet de faire apparaître un curseur de temps et des images antérieures associées à cet espace. S’y ajoute l’altitude du terrain et l’altitude théorique de la vue virtuelle, mais il n’y a pas d’échelle graphique (qui ne serait valable que pour les images à axe vertical) : pour une image verticale donnée, il faut calculer son échelle en s’aidant des coordonnées géographiques qui apparaissent en bas de l’image. Enfin le menu qui accompagne les images permet de les télécharger directement.

2) Images curieuses sur les deux sites dans le cas de la huerta Sud (quartier de Malilla)
Dans le cadre des grands travaux récents d’aménagement des voies ferrées à l’entrée dans Valence et en rocade autour de la ville des images inattendues apparaissent sur internet.

a) Chez Bing maps, les différents vols orientés n’ont pas forcément lieu à la même date ; donc le même espace peut ne plus présenter la même réalité selon l’orientation sous lequel on le regarde :

 


Orientation sud-nord : une alqueria flanquée d’un mini-bidonville de bois et plastique, entre voie ferrée modernisée et terres pleins (L’habitat précaire n’a jamais cessé d’exister dans les périphéries des métropoles malgré la croissance économique de l’Espagne dans le dernier tiers du 20e siècle. Le terme de « barraca » est souvent utilisé en Espagne- ou « chabola » comme en Amérique latine- mais il désigne d’abord à Valence la maison traditionnelle de pisé et de chaume dans la huerta).

 


Orientation nord-sud même endroit : l’alqueria a disparu et les bulldozers ont pris sa place pour ouvrir une nouvelle voie ferrée. Seul subsiste un bâtiment, dont la toiture est en partie ruinée.

 


Orientation ouest-est : on retrouve la même réalité terrain que sud-nord

 


Orientation est-ouest : la nouvelle voie ferrée est « sur les rails ». Il ne reste de l’alqueria qu’un bâtiment au toit crevé.

Manifestement on peut penser que trois campagnes de prise de vue ont eu lieu : la première avant les travaux pour le sens sud-nord et ouest-est, la seconde pendant les travaux préparatoire pour le sens nord-sud et la troisième pour est-ouest.

b) Chez Google earth, les bâtiments virtuels en 3D peuvent subsister sur le terrain lorsqu’ils ont disparu dans la réalité (ce que les images successives du même espace permettent de vérifier)

 


Même endroit que sur Bing maps du chantier du chemin de fer à l’entrée sud dans Valence : la gare est située tout au fond de l’image. Au début 2010 l’alqueria (représentée en bâtiments 3D virtuels) est toujours là, mais les friches sont nombreuses et les travaux se préparent.

 


En septembre 2011 le tracé de la voie ferrée a été modifié et l’alqueria du premier plan (avec son beau mur « papier peint ») existe toujours virtuellement, alors qu’elle a été « rayée de la carte » ! Hommage involontaire rendu au patrimoine de l’habitat rural !
(notez le curseur chronologique des images en haut à gauche)

Roland Courtot
Janvier 2012

Remarque : Les nombreux copyrights indiqués sous les images ne facilitent pas le suivi de leur origine. Vous noterez que la dernière image de Google n’a pas moins de 4 © : Nasa, GeoEye, Digital Globe et Institut Cartografic de Catalunya.