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Les espaces productifs en 3e : une étude de cas d’un espace touristique : la baie de Somme.

mercredi 27 juin 2012, par C.Sauge

Dans la cadre des nouveaux programmes de 3ème, voici une réflexion sur une séquence de géographie : une étude de cas d’un espace touristique : la baie de Somme. Cette proposition s’attache à faire le lien entre le programme et les apprentissages du socle commun, jusqu’à leur évaluation. Des liens avec les grilles de référence du socle commun et le vade-mecum des compétences d’histoire et géographie sont proposés.

Cette étude s’insère dans le programme de 3e, 2e partie du programme de géographie : “aménagement et développement du territoire français ”Thème 1 : “les espaces productifs”.

EDC : un espace touristique

Problématique :

En quoi la Baie de Somme est un espace touristique qui tient compte des enjeux du développement durable ? Comment et par qui cet espace est-il aménagé pour répondre à cette fonction ?

Démarche : 

Espace choisi : “la baie de Somme”

Pourquoi le choix de la baie de Somme ?
Des espaces touristiques ont déjà été étudiés en 6ème, 5ème et 4ème avec des problématiques différentes, il sʼagit dʼaborder un espace original, moins présent dans les représentations des élèves.
La séquence dure 3 h Il sʼagit de la 3ème EDC sur les espaces
productifs, des notions ont déjà été abordées :
acteurs, facteurs de localisation.
Notions nouvelles : identification des activités touristiques, leurs facteurs de localisation.

L’enseignant part des représentations des élèves et cherche aussi à localiser et situer la baie de Somme. 

A partir d’une carte et de photographies de paysages, les élèves identifient les types d’activités liées au tourisme.Les élèves ont prélevé, identifié, classé. Interprété : ils font le bilan des atouts de la région pour
le tourisme.
A partir de nouveaux documents : article de presse dʼune journaliste anglaise, et dʼune carte à plus petite échelle avec les axes de communication, les élèves prélèvent les informations nouvelles, les
interprètent, les mettent en relation avec les documents précédents, ils identifient et expliquent :
- Quels sont les atouts pour les touristes anglais : la nature, le patrimoine culturel, les aménagements...
- Quels sont les atouts liés à la localisation : la proximité de lʼAngleterre et de Paris. Ils ont fait un changement dʼéchelle indispensable à la compréhension du sujet. Ils ont compris quʼun espace touristique doit répondre à un certain nombre de critères liés aux aménagements.

Dans un second temps ils s’interrogent avec des documents sur ce territoire et le développement durable. 

- Les acteurs sont identifiés et le lien est établi avec les principes du DD. Ce qui permet aux élèves de décrire les aménagements, toujours en lien avec les documents précédents.

- Pour faire le lien entre le rôle des acteurs et le classement “grand site de France”, on demande aux élèves ce que ce classement peut apporter pour la baie de Somme. Il peuvent alors expliquer
les choix des aménageurs.
- Pour faire exercer lʼesprit critique des élèves, on leur demandera de repérer dans le texte des éléments négatifs sur la baie de Somme. Lʼabsence dʼéléments négatifs fera comprendre aux élèves quʼil sʼagit dʼune stratégie de communication.

Enfin les élève s’interrogent sur la spécificité touristique ou non de ce territoire.

- Sur une carte du tourisme en France les élèves localisent les 5 régions en tête.
- En observant des photos dʼautres sites touristiques (Languedoc, Bretagne) les élèves identifient des différences et des similitudes entre la baie de Somme et ces grandes régions touristiques françaises.
- A titre comparatif et pour mettre en perspective les chiffres avancés dans le texte précédent, on peut donner le nombre de visiteurs annuels de Disneyland Paris : 13 millions.

Socle commun/compétences/capacités : 

​​Capacités du programme :

- localiser et situer
- décrire et expliquer
- identifier
Socle commun :
- avoir des connaissances et des repères
- lire et pratiquer différents langages
- faire preuve d’esprit critique

Bibliographie et sitographie : 

Articles :
Nacima Baron-Yellès, Tourisme de nature et aménagement littoral : Le modèle Picard, Mappemonde,janvier 1993.
Alexandra Monot, “Un week end en Baie de Somme (juin 2005) : un monde entre terres et eaux”, café géographique, 8 février 2006.
Sites internet :

Une EDC qui permet de travailler les compétences du socle commun :

“En réalité, dans nos disciplines, l’essentiel des tâches demandées à un élève relèvent à la fois d’un savoir-faire d’ordre pratique et d’un raisonnement, ce que l’on appelle parfois des « tâches complexes ». Pour former correctement les élèves, l’explicitation, la régularité et la progressivité du travail sur les capacités sont les conditions nécessaires de l’efficacité du professeur. Le travail sur le socle oblige donc à sortir de l’implicite, à expliciter.

extrait du vade mecum histoire-géographie, introduction. (eduscol)

Ce que disent les grilles de référence de la compétence 5 :

(réf. eduscol)

- avoir des connaissances et des repères

“L’approche géographique permet de découvrir des territoires, d’en appréhender les éléments de fonctionnement et d’évolution, donc de mieux comprendre leur organisation et la vie des sociétés humaines qui les occupent. Les connaissances acquises sont mises au service de la construction progressive d’un raisonnement qui combine des éléments d’explication à différentes échelles.

Pour localiser et situer, pour comprendre, apprendre et expliquer, les élèves manient cartes et images, de tous types et à toutes les échelles.”- - lire et pratiquer différents langages

“prélever, classer, et interpréter des informations à partir de la lecture d’un graphique, d’une image, d’un texte, d’une musique...”

- Etre capable de porter un regard critique

“L’enseignement de l’histoire, de la géographie et de l’éducation civique sollicite largement le document. Le travail d’apprentissage dans ces disciplines, très progressif, s’opère à deux niveaux. Le premier relève de la lecture du document, du repérage d’informations et de la recherche du sens. Le second, plus complexe, doit permettre à l’élève d’acquérir des habitudes intellectuelles :

• Il connaît la démarche d’étude d’un document et sait l’appliquer.

• Il est capable de mobiliser ses connaissances pour analyser au mieux un document.

• Il sait différencier le document de la réalité.

• Il sait distinguer l’opinion ou le point de vue du fait.

Il s’agit aussi pour l’élève de comprendre que l’auteur d’un texte, d’une image, d’un film documentaire ou de fiction, a une intention, afin de pouvoir effectuer une « critique » du document et, partant, d’en tirer des informations fiables. Il est important d’habituer progressivement les élèves à adopter une attitude intellectuelle de prise de distance à l’égard de ce qu’ils lisent ou regardent. Pour peu qu’elle dépasse le simple prélèvement d’informations, la confrontation aux documents éduque donc à l’esprit critique.”

Les capacités du programme, extraits du “vade-mecum” HGEC (réf eduscol)

Localiser

“(du latin localis, venant lui-même de locus, qui
signifie un
point,
une
position) : placer par la
pensée, dans un endroit
déterminé.

Le
travail de « 
localiser » et
celui de « 
situer » ne
sont pas similaires mais sont complémentaires. Localiser implique un recours aux coordonnées géographiques.”

situer

“(emprunté au latin médiéval situare,
« placer
en un lieu », de
situs situation) : placer, poser en certain endroit par
rapport à un
référent, à
des
repères.

C’est la seconde étape dans le repérage dans l’espace.

Situer,
c’est
donc
identifier
une portion d’espace
en 
relation
avec
d’autres
espaces
à des
échelles
différentes.

Manier, à partir d’une consigne, les
changements d’échelles spatiaux : situer un
lieu, un
territoire en
rapport à
d’autres espaces,
emboîtements et
interrelations entre des
échelles différentes.”

décrire

Décrire est une capacité rarement mobilisée seule : on décrit en général pour analyser, interpréter, expliquer.

Dans un premier temps, qu’il s’agisse d’un paysage en géographie, d’un objet ou d’une oeuvre d’art en histoire, il est intéressant de laisser aux élèves un moment suffisamment long d’observation. Ce peut être l’occasion d’exprimer librement leur ressenti.

Dans un deuxième temps, il convient de passer de l’observation à la description, c’est-à-dire à la verbalisation organisée de ce qui a été vu. Cela consiste à identifier les objets, à distinguer des ensembles voire une forme d’organisation, à émettre des hypothèses sur leurs fonctions à travers les formes, les couleurs, les positions, les vues sous des angles différents.

La troisième étape vise à donner du sens à l’observation. C’est le moment où le professeur, ou l’élève, éclaire le sens de l’objet observé par des explications, par la confrontation éventuelle avec des documents complémentaires. L’enjeu est ici de passer du visible (ce que l’on perçoit) à l’invisible (le sens) par l’interprétation de ce que l’on observe. Cela nécessite un aller-retour constant entre l’observation et la verbalisation.”

expliquer

“Toute explication en histoire ou en géographie s’inscrit dans une visée démonstrative :

- Le professeur, pour préparer ses séances, définit un « fil directeur » qui lui permet d’analyser, donc d’expliquer, tel ou tel fait en s’appuyant sur des connaissances et sur des documents.

- L’élève apprend progressivement à raisonner, ce qui se fait en plusieurs étapes : il doit identifier (donc comprendre) la question qui lui est posée pour ensuite mobiliser ses connaissances, voire s’appuyer sur des supports (documents, productions graphiques), pour étayer ses explications. C’est l’obligation d’expliquer qui permet de dépasser peu à peu la seule restitution des connaissances acquises. Lorsqu’il devient plus autonome, l’élève doit s’exercer à poser lui-même la (les) question(s) qui interroge(nt) utilement la réalité historique ou géographique qu’il étudie.”

lire et pratiquer différents langages

“Lire un document, une tâche complexe :

Lire un document nécessite de maîtriser le vocabulaire et la technique de la lecture pour pouvoir en pénétrer le sens immédiat et accéder aux informations qu’il recèle.

« Pour appréhender le sens d’un texte, tout lecteur doit :

- connaître les mots ou lexique ;

- retrouver les relations établies entre ces unités minimales : c’est la syntaxe qui donne une première compréhension limitée à la phrase et au paragraphe ;

- rassembler des informations éparses dans l’ensemble du texte, faire appel à des connaissances personnelles, complémentaires, souvent extérieures au texte : savoirs, culture, environnement éducatif, affectif qui lui sont propres. Ce sont des inférences sans lesquelles l’accès au sens ne peut se faire.”

En
fin de 3e, on
peut
attendre que
l’élève soit
capable de :

- prélever,
classer et
interpréter des informations à partir de
la lecture d’un
graphique, d’une
image, d’un
texte, d’une musique,

- lire
et
interpréter les
supports
cartographiques et
les
langages graphiques les
plus courants,

- croiser différents langages pour
transcrire l’un par l’autre,

- présenter des
documents de
différente
nature,
repérer les informations demandées et
les
mettre en
relation,

- rendre compte du sens d’un
document en
mobilisant le vocabulaire
utile,

- croiser différents
documents en
confrontant les informations ou les
points de
vue,

- mobiliser
le
langage graphique
utile au
traitement d’un
document (
recours à la
cartographie ou à la
schématisation)