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Rubrique XXe siècle- à nos jours

Le génocide arménien, programme de 3e

Le 18 novembre 2012 - J-F Boyer webmestre

Cet article propose une séance d’une heure pour le programme de 3e à propos du génocide arménien.

Le génocide arménien

Le peuple arménien a subi un massacre de masse (1915-1916), une extermination sous la forme d’une déportation (marche de la mort), en particulier des femmes, des enfants et des vieillards dans des conditions atroces ayant abouti à la destruction d’une grande partie de la population. Cette destruction s’est aussi accompagnée de l’extermination des hommes de moins de 50 ans (exécutions) et la « transformation » (terme de Daniel Goldhagen) puisqu’un certain nombre d’enfants arméniens ont été placés dans des familles turques pour être islamisés.

Ce massacre de masse est un acte politique réfléchi et planifié par les responsables « jeunes turcs » au pouvoir (Mehmet Talat et Ismail Enver). « Le cahier de Talat Pacha montre l’enregistrement des Arméniens : « l’Etat de Talat Pacha est une grande machine à compter […] il a, au-delà de son pouvoir politique, les moyens techniques d’observer, de coordonner et de maîtriser tous les détails de la déportation » écrit l’historien turc Fuat Dündan. Il ajoute qu’« en consultant les documents administratifs qui se trouvent dans les archives ottomanes, on comprend que Talat Pacha et le gouvernement savaient parfaitement ce qu’il advenait des Arméniens. On sait que Talat a ordonné aux gouverneurs de Diyarbakir, le 12 juillet, d’Ankara le 27 juillet et enfin de toutes les provinces le 29 août d’arrêter les massacres. C’est à cette date qu’on trouve pour la première fois pour en nier l’existence l’expression « politique d’extermination » imha siyaseti ». Le massacre est bien une décision politique dont les nombreuses lettres et documents d’archives confirment le caractère réfléchi. « Talat explique : « on a proposé et examiné des projets et des hypothèses destinés à régler définitivement, de manière exhaustive et absolue, cette question, qui figure en bonne place par les sujets vitaux pour l’Etat » cite D. Goldhagen (page 92). L’historien turc Taner Akçam rapporte : Morgenthau prit note d’un autre entretien sur le sujet avec Talât à la date du 3 août 1915 : « Talât…m’a affirmé que le comité Union et Progrès avait soigneusement étudié l’affaire jusque dans le monde détail et que la politique menée était celle qu’ils avaient officiellement adoptée. Il ajouté que je ne devais pas imaginer que les déportations avaient été décidées à la va-vite ; en réalité, elles étaient le fruit de délibérations prolongées et minutieuses.. .Ce dont il question…c’est l’élimination des Arméniens » (Taner Akçam, Un acte honteux, Folio histoire 2006, 2012, pp. 230-231). Cet historien écrit que « de nombreux membres du gouvernement ignoraient la décision génocidaire qui fut, nous semble-t-il, prise par le parti fin mars et exécutée sous le couvert du décret gouvernemental de déportation à la fin du mois de mai. Le gouvernement fut également exclu par principe des opérations ultérieures » (p. 231). De même certains gouverneurs ont refusé de diriger les massacres préférant démissionner ou être remplacés, sans intervenir pour empêcher ces massacres. « Certains refusent de participer à ce massacre. « Mazhar Bey, révoqué de son poste de gouverneur d’Ankara, décrit dans sa déposition comment les choses se sont passées : « quand j’ai reçu du ministère de l’Intérieur des ordres concernant la déportation d’Arméniens, j’ai fait mine de ne pas comprendre. Comme vous le savez, d’autres provinces ont achevé les déportations avant même que j’ai commencé. Et puis, un jour, Atif Bey est venu me voir et m’a transmis oralement les ordres du ministère de l’Intérieur exigeant que les Arméniens soient assassinés pendant la déportation. « Non, Atif Bey, ai-je dit, je suis un gouverneur par un bandit, je ne peux pas faire ça, je préfère quitter mon poste, vous n’avez qu’à venir faire ça vous-même » (p. 242).

Cette politique s’inscrit dans le contexte international de la guerre 14-18. Ils profitent de la guerre pour ne pas être dérangés par des interventions diplomatiques susceptibles de les empêcher de mener à bien leurs opérations de nettoyage des régions arméniennes et par les menaces russes de conquête du territoire turc. « Dans ces conditions, comme le disait Enver Pacha au consul américain, « on ne peut pas se permettre un attaque dans le dos », c’est-à-dire en Anatolie orientale  » ( Fuat Dündan). Les « jeunes turcs » répondent aussi aux menaces extérieures (Dardanelles en 1915, attaques russes dans le Caucase) pour se recentrer sur l’Anatolie et « renforcer son caractère musulman et turc, en modifiant la population des régions majoritairement turque et musulmane » écrit Fuat Dündan.

La construction d’une nation explique le massacre de masse d’un peuple. « Sous couvert de la guerre, les dirigeant turcs décidèrent d’éliminer leur « problème arménien » parce qu’ils considéraient que les Arméniens constituaient un élément irrémédiablement non turc qui présentait une menace sécessionniste. Les Turcs brandirent l’accusation, flagrante de fausseté, que les Arméniens, durant la Grande Guerre, s’étaient révoltés contre la Turquie et avaient soutenu l’ennemi russe ; ils s’en servirent pour les « déporter », c’est-à-dire les ramasser et les concentrer, non sans massacrer rapidement les hommes en âge de porter les armes, avant qu’ils eussent organisé le départ à pied des populations arméniennes – ou juste après. Dans un rapport contemporain, le consul américain à Kharpert explique ce que tout le monde comprenait derrière le mot de déportation et ce que les Turcs firent des hommes arméniens : « s’il s’était simplement agi d’être obligé de quitter le lieu où l’on se trouve pour aller quelque part ailleurs, cela n’aurait pas été si terrible, mais tout le monde savait qu’il s’agissait d’aller vers sa propre mort…Il semble que le système qui est mis en œuvre consiste à poster des bandes kurdes qui les attendent sur les routes, pour tuer tout particulièrement les hommes, et éventuellement certains des autres marcheurs. La manœuvre tout entière semble conduite au massacre le plus parfaitement organisé et le plus épouvantable jamais commis dans ce pays » (Goldhagen, p. 53).

Il est à noter que les Arméniens d’Istanbul n’ont pas fait l’objet d’une extermination (pour rester discret ? ou minorité mieux intégrée ?). Fuat Dündar explique que « pour Istanbul et Edirne les autorités craignaient d’avoir à expliquer au monde civilisé la déportation de populations vivant en terre européenne ». 

Une Turquie plus pluraliste n’était pas la vision des dirigeants politiques. « Comme l’élimination de masse des Arméniens, de nombreux autres meurtres de masse de notre temps se déroulant sur un territoire national découlent de la conviction de ceux qui les ont perpétrés que la tuerie de masse est un moyen raisonnable pour détruire une opposition politique, pour prévenir une sécession ou pour sauvegarder leur pouvoir pour leur existence » note D.Goldhagen (p.55). Elle rejoint les motivations différentes de la population turque dont certains basculent dans l’acte de massacrer ou de fermer les yeux…

En effet, cette politique est réalisée avec l’accord d’une partie de la population turque dont les 30 000 Turcs dans les unités spéciales, d’autres dans l’armée (« Ali Ihsan commandant de la 6e armée de Mossoul, qui a étudié en Allemagne et parlait parfaitement allemand, a déclaré en d’innombrables occasions en présence d’Allemands qu’il ne laisserait pas un seul Arménien en vie dans sa zone de commandement. Il prenait plaisir à dire aux officiers allemands qu’il avait tué des Arméniens de ses propres mains » (Taner Akçam, p. 256)), les forces de police et « des attaques spontanées de la part des populations locale » selon l’historien Fuat Dündan. Les « massacreurs » selon Goldhagen sont nourris de préjugés et de haines anciennes, d’inquiétudes, exaspérés par le désir des Arméniens d’une plus grande autonomie politique, souhaitent renforcer le caractère musulman et turc du cœur de la Turquie anatolienne et sont susceptibles de confisquer aussi les biens arméniens dans ces régions de l’Anatolie sujettes selon eux à une moindre obéissance aux gouvernements. Les désirs des dirigeants se conjuguent avec ceux d’une partie de la population civile pour réaliser cette politique « éliminationniste » pour reprendre le terme et les idées de Daniel Goldhagen dans son ouvrage Pire que la Guerre, massacre et génocide au XXe siècle. "Talat n’eut aucun mal à mobiliser les conceptions éliminationnistes anti arméniennes préexistantes chez de nombreux Turcs » (Goldhagen, p. 97). Mais ce meurtre est réalisé parce que des dirigeants politiques l’ont voulu et ont ainsi pu activer une partie de la population. « Avant que Talat ne prît le pouvoir en Turquie, les Turcs haïssaient largement les Arméniens et ils avaient même été mobilisés par deux fois au cours des décennies précédentes pour des orgies de massacre de masse. Cependant, le gouvernement qui précéda Talat ne choisit pas de provoquer l’élimination totale des Arméniens, et il ne se produisit donc aucun programme de meurtre de masse et d’expulsion à l’échelle nationale alors que c’eût été chose aisée. Ce fut la décision de Talat et d’Enver que de mettre en route un meurtre de masse et une élimination complète  » écrit D.Goldhagen. Le rôle des dirigeants est analysé avec soin par Taner Akçam, notamment dans les pages 167 et suivantes. D.Goldhagen cite un document de décembre 1914 ou janvier 1915 fruit d’une réflexion de 5 membres du gouvernement turc dont Talat.

« –1° En s’autorisant des articles 3 et 4 du CUP, interdire toutes les associations arméniennes, arrêter ceux des Arméniens qui ont, à quelque moment que ce soit, travaillé contre le gouvernement, les reléguer dans les provinces, comme Bagdad ou Mossoul, et les éliminer en route ou à destination.

 2° Confisquer les armes.

 3° Exciter l’opinion musulmane par des moyens appropriés et adaptés dans des districts comme Van, Erzeroum ou Adana où il est de fait que les Arméniens se sont déjà acquis la haine des musulmans, et provoquer des massacres organisés, comme firent les Russes à Bakou.

 4° S’en remettre pour ce faire à la population dans les provinces comme Erzeroum, Van, Mamouret-ul Aziz et Bitlis et n’y utiliser les forces militaires de l’ordre (comme la gendarmerie) qu’ostensiblement pour arrêter les massacres ; faire au contraire intervenir ces mêmes forces pour aider activement les musulmans dans des conscriptions comme Adana, Sivas, Brousse, Ismit et Smyrne.

 5° Prendre des mesures pour exterminer tous les mâles au-dessous de 50 ans, les prêtres et les maîtres d’école ; permettre la conversion à l’Islam des jeunes filles et des enfants.

 6° Déporter les familles de ceux qui auraient réussi à s’échapper et faire en sorte de les couper de tout lien avec leur pays natal.

 7° En alléguant que les fonctionnaires arméniens peuvent être des espions, les révoquer et les exclure absolument de tout poste ou service relevant de l’administration de l’État.

 8° Faire exterminer tous les Arméniens qui se trouvent dans l’armée de la façon qui conviendra, ceci devant être confié aux militaires.

 9° Démarrer l’opération partout au même instant afin de ne pas laisser le temps de prendre des mesures défensives.

 10° Veiller à la nature strictement confidentielle de ces instructions qui ne doivent pas être connues par plus de deux ou trois personnes.

 ♦♦♦

D. Jonah Goldhagen – Fuat Dündar et Tanek Akçam.

Pour construire cette recherche, j’ai utilisé les propos de trois historiens. Aussi, voici quelques lignes sur ces derniers et leurs idées. J’engage ceux qui le souhaite à lire les ouvrages. Il me semble d’ailleurs que pour la construction d’un cours la lecture d’ouvrages récents est nécessaire. On ne peut pas rester uniquement sur la description d’un fait (par exemple, les Arméniens ont subi un génocide) : il faut lui donner du sens (signification de génocide, des raisons, pourquoi massacrer, qui...) ce qui rejoint la compétence C5.4 : "faire preuve de sensibilité d’esprit critique, de curiosité". Bien sûr, entre le niveau lycée et collège le sens critique est plus ou moins fouillé...Prendre 1 heure sur le génocide arménien est important pour avoir une première approche du mot génocide, mais aussi lancer l’idée d’un continuum de massacre pendant tout le 20e siècle et réfléchir sur les motivations que nous reverrons lors de l’étude du génocide provoqué par les Allemands nazis en étudiant quatre personnes. 

D.J.Goldhagen insiste sur le lien entre autorité politique et population sans que les motivations des uns et des autres soient les mêmes. « De là le paradoxe qui confond tant de gens : sans l’autorité de leurs dirigeants politiques, la majorité écrasante des tueurs ne lèverait pas le petit doigt pour commencer des actes de désolation, mais une fois mis en mouvement – et en règle générale, il suffit de quelques mots d’encouragement et d’autorisation – ils s’empressent, tous autant qu’ils sont, à savoir les troupes de choc des régimes éliminationnistes et les membres ordinaires de leur société (…), de ses vouer, corps et âme, à l’œuvre de mort » (D. Goldhagen, p. 272). Daniel Jonah Goldhagen considèrent que « le meurtre de masse est un acte politique  » (p. 310). « La politique éliminationniste, comme la politique de guerre, est une politique constituée d’actes délibérés, effectués pour atteindre des résultats politiques, souvent à des fins ultimes et souvent par désir de redistribution du pouvoir » (p. 316).

Par politique éliminationniste, D.Goldhagen rassemble les cinq principales formes d’élimination : « transformation, répression, expulsion, interdiction de reproduction ou extermination » (p. 26 et suivantes pour comprendre les définitions de ces mots). Par ce concept créé par l’auteur, ce dernier veut montrer l’ampleur récurrente des politiques cherchant à éliminer par ces différents moyens des populations sur tous les continents depuis le début du XXe siècle (point de départ temporel de son étude). Pour l’auteur, la suppression totale d’un peuple (génocide) n’est qu’une partie de la politique éliminationniste menée par les Allemands. Je cite l’auteur : « on se méprend même largement sur l’Holocauste lui-même : ce ne fut pas un événement meurtrier isolé, mais une partie d’une attaque éliminationniste à large échelle des Allemands contre les Juifs pour laquelle les Allemands utilisèrent et même expérimentèrent une grande variété de moyens éliminationistes. Le programme systématique d’extermination de masse des Allemands, qui lancé en 1941, devait prendre fin en 1945, ne fut pas de le début d’un génocide, mais plutôt le point culminant de l’attaque éliminationniste déjà intensive que les Allemands avaient menée contre les Juifs durant les années 1930 et qui permit l’élimination des deux tiers des Juifs d’Allemagne au sens strict avant même que les Allemands n’aient remplacé un ensemble de politiques éliminationnistes – expulsion, ségrégation, répression et tueries épisodiques - par la politique éliminationniste la plus mortelle et finale, l’annihilation totale » (p. 42). Pour l’auteur, « il serait trompeur d’isoler le génocide comme un phénomène distinct » (p. 43). Toutefois, D.Goldhagen considère que « les meurtres de masse des Allemands peuvent cependant être vus comme emblématiques des massacres de masse de notre temps. Même si la totalité des meurtres ne peut pas être imputée aux Allemands, ils furent les tueurs les plus omnivores de notre époque, exterminant une variété inouïe de victimes. Comme ils se sont assuré la conquête des principales zones où ils avaient projeté leur politique de destruction, ce sont eux qui ont tué le plus de gens en moyenne par année de tous les régimes meurtriers de masse. Enfin, les Allemands ont décliné presque la totalité des aspects de l’élimination de masse et de sa variante annihilationniste. […] C’est par ailleurs l’aspect par lequel l’Holocauste est réellement singulier qui justifie que l’on considère les massacres des Allemands comme le moment annihilationniste de masse emblématique de notre temps et ceux qui les ont perpétrés de la sorte comme les meurtriers de masse emblématiques : je veux parler de la volonté sans équivalent de tuer tous les Juifs, jusqu’aux enfants, et non pas seulement dans leur propre pays, mais aussi dans les autres et pour finir dans le monde entier » (pp. 66-67).

 

Fuat Dündar exprime un point de vue différent avec l’historien Taner Akçam à propos du génocide arménien. Il l’explique lui-même dans l’interview accordée à la revue Histoire  : « J’ai quelques divergences avec Taner Akçam. Selon moi, il n’y a pas eu une décision de massacre bien antérieure aux faits : je pense, je vous l’ai dit, que le massacre a été le produit des circonstances ; la conséquence d’une évolution graduelle des événements, comme l’a vu aussi Donald Bloxham. S’il n’y avait pas eu de déportation en février 1915 à Zeytoun, il n’y aurait pas eu non plus de réaction des Arméniens à Van et à Istanbul. S’il n’y avait pas eu la défaite de l’armée ottomane face aux troupes russes lors de l’offensive menée entre le lac de Van et Ourmiya, la résistance-rébellion de Van n’aurait pas eu lieu. Si Van n’était pas tombé aux mains des Russes grâce à cette révolte, les massacres de masse n’auraient pas eu lieu...

Deuxième point de divergence avec Taner Akçam : je ne pense pas que le gouvernement a ordonné les massacres mais plutôt qu’il a aidé les bourreaux ; en quelque sorte, il a eu pour mission d’assurer la logistique. Pour autant, la déportation n’était ni un prétexte ni un aspect secondaire, mais une décision meurtrière. Pour les Jeunes-Turcs, le danger n’était pas l’arménité mais les déséquilibres démographiques. C’est pourquoi je défends que la politique de turquification du CUP était - avant tout - une opération statistique et mathématique. L’arménophobie s’est développée non pas avant mais après le massacre. Le nationalisme turc ne précède pas le nationalisme arménien. »

 ♦♦♦

Le génocide arménien : chiffre et définition officielle.

Leur existence étant menacé par ce groupe « différent », les massacreurs en viennent à refuser aux Arméniens toute valeur humaine. On estime à 1 million de victimes soit un Arménien sur deux massacrés. Le massacre cesse lorsque le centre de l’Anatolie est vidé des Arméniens. Par contre il reprend en 1918 lorsque les Russes perdent l’Arménie russe… Soulignons aussi que des massacres des Arméniens et des Grecs avaient déjà eu lieu dans les années 1890.(De plus, pendant les épisodes de guerre entre les Russes, arméniens et Turc dans les provinces de l’Est, des gens ont été tués par les différentes communautés).

Le terme génocide est défini comme : destruction méthodique d’un groupe humain auquel est reconnue une différence ethnique ou prétendument raciale. L’extermination est perpétuée par des personnes privées, des fonctionnaires ou des hommes d’Etat.

En 1948, l’ONU signe la "Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide". L’article II précise : "le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : a) meurtre de membres du groupe ; b) atteinte à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe."

(http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1623)

Pour Daniel Goldhagen le concept d’éliminationnisme permet d’évoquer toutes les formes de destruction pour supprimer des individus depuis « l’expulsion, la ségrégation, la répression et les tueries épisodiques jusqu’à la destruction massive d’un peuple (génocide). Ce concept permet de prendre en compte les raisons politiques et économiques qui aboutissent par différents moyens (déportation, camps…) à détruire des peuples. Ces raisons ne se retrouvent pas dans la définition de génocide de 1948. (voir chapitre 1 pp. 26 et suivantes de Goldhagen). Aussi l’auteur intègre les destructions commises par Lénine, Staline ou encore Mao. De plus les massacres coloniales par les Européens ou encore Hiroshima sont inclus dans ce concept. Du coup, l’auteur insiste sur le fait que ce sont les massacres des peuples qui scandent l’histoire du 20e siècle. (voir les pp. 275 et suivantes sur les critiques émises par Goldhagen sur la définition de génocide).

 ♦♦♦

Le génocide arménien.

Problématique : Pourquoi parle-t-on d’un génocide arménien ?

Niveau : 3e

Programme : La première guerre mondiale : vers une guerre totale (1914-1918)

Compétences  SOCLE COMMUN

 

C5.1/C5.2/C5.3/C5.4/C4.4

Capacité :

Décrire et expliquer la guerre des tranchées

Connaître et utiliser les repères suivants : La première guerre mondiale : 1914-1918, Génocide arménien 1915

Je suis capable de

prélever, classer et interpréter des informations

distinguer le fait du point de vue, comprendre l’intention de l’auteur ou de l’émetteur.

Pré requis :

 

 

Source : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1623

 

 Tice : recherche sur internet avec les adresses sites proposées.

Bibliographie :

Taner Akçam, Un acte honteux, folio histoire, 2012 (édition origine 2006)

Daniel Jonah Goldhagen, Pire que la guerre, massacre et génocide, Fayard, 2012. (édition origine 2009)

http://www.herodote.net/24_avril_1915-evenement-19150424.php

http://www.histoire.presse.fr/lhistoire/341/genocide-armenien-le-scenario-26-03-2009-8087

Voir fiche exercice joint. 

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