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Rubrique Mise au point scientifique Géo

Les paysages au programme du Festival International de Géographie de Saint-Dié

Le 10 janvier 2013 - Mathieu Chartier

Du 11 au 14 octobre 2012 s’est déroulée la 23ème édition du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges. Cette année, le thème choisi était : « Les facettes du paysage nature, culture, économie".

Retour sur cette fête du savoir riche en échanges, réflexions et pistes pédagogiques pour nos classes.

Le paysage, une notion polysémique

Pour le dictionnaire Larousse, le paysage est une « étendue de terre qui s’offre à la vue. »

Dans le Dictionnaire de la Géographie, dirigé par Jacques Lévy et Michel Lussault, Belin 2003, pour paysage nous trouvons : « Agencement matériel d’espace – naturel et social – en tant qu’il est appréhendé visuellement, de manière horizontale ou oblique, par un observateur. Représentation située, le paysage articule plusieurs plans, permettant l’identification des objets contenus et comprend une dimension esthétique. »

Le site hypergéo propose de décortiquer toutes les dimensions sous-jacentes que recouvre cette notion.

http://www.hypergeo.eu/spip.php?article290

Nice, Baie des Anges. http://mappemonde.mgm.fr/num14/articles/art07201.html

Le paysage dans les programmes

Dès la maternelle et l’école primaire, les enfants sont invités à en étudier avec leurs professeurs.

Au collège, le paysage constitue l’entrée du programme de sixième. Dans « MON ESPACE PROCHE : PAYSAGES ET TERRITOIRE ».  Le paysage est l’outil privilégié de cette découverte. Des études de cas conduisent à une approche des différentes dimensions des paysages (évolution, esthétique…) »

Pour ce qui est du lycée, on ne trouve pas trace des paysages dans les nouveaux programmes, ce qui n’exclut pas d’en faire un outil d’investigation pertinent.

En géographie comme en histoire (un tableau par exemple), le paysage peut être un support efficace pour introduire ou traiter un sujet. Les élèves sont confrontés à toutes sortes d’images et donc de paysages dont ils n’ont pas toujours les clés. Il paraît important d’ouvrir leur regard sur le paysage en y apportant, entre autres, le recul critique. Pour Géoconfluences, la géographie n’est d’ailleurs pas propriétaire de l’étude du paysage. Ce thème se prête à la transdisciplinarité, il permet d’envisager une véritable pédagogie de projet avec nos collègues ou en dehors des murs de nos établissements.

Dans le vade-mecum des capacités en histoire-géographie-éducation civique qui s’adresse aux enseignants du collège et s’intitule « Décrire », les possibilités d’exploitation d’un support tel que le paysage sont davantage explicitées. Au-delà de la lecture par plan, il s’agit d’articuler un discours d’interprétation qui permette de le décoder. On a là, en particulier lors d’une sortie de terrain, un moment privilégié pour passer du visible à l’invisible. L’élève travaille la dimension abstraite de nos matières. Ceci nous permet d’expliciter le poids de l’histoire et la nature anthropique de tout paysage. Le rôle des acteurs est mis en valeur, depuis le photographe qui a adopté un certain point de vue, jusqu’aux décideurs de l’aménagement d’un espace. Ce document nous invite à donner du sens au travail de description, en prenant aussi une certaine distance critique.

Paysage en mutation, Sud de Dijon. Après la démolition des silos des minoteries dijonnaises et des anciennes casernes désaffectées, quel nouveau paysage urbain dans cette partie de Dijon ?

Le paysage et la loi

Géoconfluences dans son dossier « Le paysage dans tous ses états », réalise utilement une mise au point sur le contexte législatif autour du paysage. Bien d’autres ressources sont proposées dans ces pages, aussi bien des mises au point scientifiques que des propositions pédagogiques.

http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/paysage/Paysage.htm

Il est important de rappeler que comme dans bien d’autres domaines, c’est désormais le droit européen qui encadre ce sujet. Le site du Conseil de l’Europe offre de nombreuses précisions sur la Convention européenne du paysage.

http://www.coe.int/t/dg4/cultureheritage/heritage/Landscape/default_fr.asp

En France, le paysage est régi par la loi éponyme de 1993. Elle propose de régir « des territoires remarquables par leur intérêt paysager ». Mais, comme le note Magali Reghezza-Zite (in « La France dans ses territoires », Sedes, 2012), elle lui donne un statut officiel sans pour autant le doter d’une définition juridique. Parmi les éléments qui tendent à encadrer cette notion, il existe par exemple, les ZPPAUP (Zones de Protection de Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager). Mettant en place des contraintes de protection du paysage, elles peuvent concerner tous les types d’espace. Finalement, que veut-on protéger dans un paysage ? Les considérations esthétiques, par nature subjectives, rendent épineux les arbitrages sur ce sujet.

La typologie des paysages proposée dans Territoire 2040, le travail de prospective de la Datar. http://territoires2040.datar.gouv.fr/spip.php?rubrique54

Le FIG 2012 et le paysage :

Le portail officiel du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges :

http://www.fig.saint-die-des-vosges.fr/

Pour plus d’informations, retrouvez les actes du FIG 2012- compte rendu des conférences, tables-rondes, expositions scientifiques des précédentes éditions, mais aussi documents pédagogiques et posters scientifiques - rendez-vous sur :

http://www.cndp.fr/fig-st-die/2012/approches-scientifiques/tables-rondes.html

Le paysage est-il un lieu de mémoire ?

Dans son émission « Planète Terre » du 17 octobre 2012, Sylvain Kahn et ses deux invités évoquaient le paysage comme lieu de mémoire.

http://www.franceculture.fr/emission-planete-terre-le-paysage-est-il-un-lieu-de-memoire-2012-10-17

Anne Sgard est spécialiste du paysage et des politiques paysagères. Professeure à l’Université de Genève, elle a soutenu un doctorat sur « Le paysage, de la représentation à l’identité. Les discours sur la montagne et le développement territorial. L’exemple du Vercors ». La référence qui suit propose un de ses articles sur "le paysage dans l’action publique : du patrimoine au bien commun."

http://developpementdurable.revues.org/8565

Simon Edelblutte, Maître de conférences à l’université Nancy2, s’intéresse aux rapports entre les paysages et le patrimoine industriel notamment. Sur son blog, retrouvez ses travaux et une vidéo qui pourrait faire l’objet d’une exploitation en classe : « Sur les traces du patrimoine industriel thaonnais »

http://geonancy2.wordpress.com/enseignants-geographes/simon-edelblutte/

La mise en scène du monde

« Qui n’a pas éprouvé le bonheur de goûter le spectacle d’un paysage ? » C’est avec ces mots qu’Yves Luginbühl ouvre son dernier ouvrage La mise en scène du monde. Construction du paysage européen, paru aux éditions du CNRS en septembre 2012. Source de plaisirs renouvelés, la contemplation de nos paysages européens peut inspirer parfois aussi de l’inquiétude. Ils sont, au fond, le reflet de la vie de nos sociétés dans ses réussites comme dans ses échecs. Des maux tels que l’uniformité, les inégalités, l’ennui, la violence, la délinquance ou le chômage peuvent s’imprimer sur le paysage.

Préoccupation secondaire des politiques, le paysage est devenu une question sociale non négligeable. Son appréhension est subjective par nature. Elle peut être un volet important d’une mobilisation citoyenne de grande ampleur. Cf : Mobilisation contre le futur aéroport de Notre-Dame des Landes près de Nantes ; Manifestations contre l’abattage d’arbres qui jouxtaient la gare de Stuttgart, (mouvement Stuttgart 21).

Stuttgart 21 et l’enjeu paysager. http://fr.wikipedia.org/wiki/Stuttgart_21

Longtemps apanage d’une élite bourgeoise, en particulier au XIXème siècle, l’intérêt pour les paysages connaît un regain d’intérêt depuis une quarantaine d’années. (L’homme dans le paysage, Alain Corbin, entretien avec Jean Lebrun, collection Textuel, Le Seuil, 2001).

Pour Yves Luginbühl, « le paysage est une réalité tangible qui s’offre à la perception des individus : sa caractérisation par cette double dimension, matérielle et immatérielle, fonde toute réflexion qui s’attache à ce domaine ». Le paysage est donc une notion complexe et délicate à circonscrire. L’articulation entre le réel et sa perception par chacun d’entre nous est au cœur de sa définition. L’individu perçoit le paysage qui s’offre à lui avec sa sensibilité, sa manière de le ressentir et aussi toutes les représentations collectives dont nous sommes conscients ou non.

http://www.cnrseditions.fr/Geographie/6636-la-mise-en-scene-du-monde-yves-luginbuhl.html

Fin de cet article dans : "Les paysages au programme du Festival International de Géographie de Saint-Dié. (2)"

Les photographies des différentes diapositives de cet article ont été réalisées par mes soins, vous pouvez les utiliser en cours librement.

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