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Rubrique XXe siècle- à nos jours

La guerre froide, Edward Kienholz, The portable war memorial

Le 23 avril 2013 - J-F Boyer webmestre

Dans le cadre de l’histoire des arts, l’oeuvre d’Ed Kienholz est proposée dans le chapitre de 3e sur la guerre froide. Elle permet aussi de rappeler le cours du début d’année sur un siècle de transformations économiques et sociales. Elle répond aussi à un travail mené sur Iwo Jima et la photo de guerre.

Cet article propose quelques pistes à propos d’une oeuvre de Ed ; Kienholz, the portable war memorial dans le cadre de l’histoire des arts. Pour le contexte et faciliter la manipulation des documents associés j’ai créé une frise chronologique avec l’application Whenintime :
http://whenintime.com/tl/JFBOYER/La_guerre_froide__3a_la_guerre_du_Vi_ef_bf_bdt_Nam/

Edward Kienholz : « Né en 1923. Il fait différents métiers (infirmier, vendeur de voitures, gérant de bar) qui lui font rencontrer la souffrance et l’injustice dont la dénonciation est au centre de son œuvre. Puis, il s’inscrit dans le courant de la sculpture New Yorkaise "Mixed média" faite d’objets, de déchets, de matériaux de rejet utilisés pour reconstituer "la réalité" du mode de vie américain, déplacée par un regard contestataire. Ses environnements "State hospital", "The birthday", "Portable war memorial", "The waith" provoquent et permettent de voir la solitude, la maladie, la vieillesse, la violence, l’exploitation du sexe  ».

  • L’œuvre de Kienholz s’inscrit dans le contexte de la guerre du Viêt-Nam et de la société de consommation des années 60. On y retrouve un fast food, la machine de Coca Cola avec l’affiche de propagande de la Première guerre mondiale de l’oncle Sam, la sculpture rappelant la photo d’Iwo Jima symbole de la victoire américaine et un tableau noir sous la forme d’une pierre tombale avec le nom de 475 villes qui n’existent plus en 1968 : elles ont péri par les guerres.
    Cette œuvre montre la propagande militaire et patriotique des deux guerres mondiales (voir l’exemple d’Iwo Jima : http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spip.php?article682). Elle montre aussi des américains dans un environnement de consommation de masse, société kleenex où l’on consomme et jette. L’auteur souligne une société qui véhicule un modèle très contestable à l’origine de la mort et de la disparition des peuples. L’auteur nous interroge et crée un malaise puisque la victoire et la puissance de l’Etat se réalise par la destruction et la mort, loin de la paix. L’auteur cherche à montrer l’inutilité de la guerre qui n’engendre que la destruction.
    L’œuvre sera vigoureusement attaquée comme antipatriotique d’autant plus que les EU sont engagés dans une guerre, celle du Vietnam qui leur échappe.

Quelques éléments pour décrire, expliquer l’oeuvre et les intentions de l’auteur :

  • L’œuvre s’organise sous la forme d’un triptyque de gauche à droite de manière chronologique :
    -  A droite, plusieurs œuvres rappelant la 1e et la 2e guerre mondiale. La victoire des EU. On entend le son de la chanson patriotique God bless America (on voit une effigie de la chanteuse Kate smith dans le tonneau). On note une moquerie sur l’image iconique d’Iwo Jima, l’étendard est vu comme un simple parasol…(voir l’article http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spip.php?article682 )
    -  Un tableau noir (avec une croix renversée portable war memorial) comme une pierre tombale, avec 475 noms écrits à la craie. Ce sont les villes qui n’existent plus en 1968. Une partie de l’espace est vide : ce n’est pas terminé…d’autres noms vont s’inscrire dans l’avenir.
    -  Un couple insouciant accolé à un snack-bar, tourne le dos aux spectateurs, un distributeur de Coca-Cola près d’une table et d’un mur commémoratif blanc. Rien d’inquiétant dans ce présent ?…sauf une forme humaine crucifiée avec les mains brûlées : Kienholz suggère l’horreur du nucléaire.
  • L’œuvre est réaliste (son et visuel) puisque l’on peut reconnaître les différentes scènes et en même temps elle suggère le message pacifiste. L’auteur interroge le spectateur.
    Elle est moderne : elle mélange peinture et sculpture et portable.
    Cette œuvre raconte une histoire, elle est violente loin du ton ironique et léger du pop art. Elle montre la société de consommation des années 60, des abus et du jetable et la guerre. Elle dénonce les"mythes" guerriers américains comme le montre avec humour le planté de parasol pour le lever de drapeau d’Iwo Jima.... Le spectateur devient un voyeur de cette réalité dangereuse puisque nous sommes dans l’âge du nucléaire.

Le choix des objets de récupération, des décors bricolés montre aussi que les valeurs ne sont pas respectées. Elles sont brisées. L’Amérique puissante écrase les faibles et la faute n’en revient pas uniquement aux soldats. L’Amérique devrait apporter la paix, la culture...

Sites utilisés pour construire cette fiche :
http://noskoff.lib.ru/pina/KIENHOLZ/

http://www.artistes-en-dialogue.org/kienhgd.htm

http://www.artistes-en-dialogue.org/kienhgd.htm

http://scholarship.claremont.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1028&context=pomona_theses

  • ŒUVRES que j’ai associées :
    La photo Iwo Jima de Joe Rosenthal, la petite fille brûlée de Nick Ut (très pénible de voir la photo entière avec des reporters qui prennent des photos de la scène...) et la manifestation pour la paix de David Riboud (voir les adresses ci-dessous pour des explications). A cela il faut ajouter quelques éléments sur le reporter et la photo de guerre : voir le site de la bnf par exemple : http://expositions.bnf.fr/presse/arret/10-2.htm

J’ai terminé la séance (vue avec l’enseignant d’histoire des arts) par cet extrait du site de la bnf :
"Yann Morvan pense que c’est plus par le jeu du hasard que par engagement que certains se retrouvent sur les points chauds et Don McCullin parce que c’est un genre de vie qui leur plaît et non parce qu’ils veulent essayer de comprendre et de faire comprendre la tragédie humaine. Stanley Greene commente ainsi une de ses photos de Grozny montrant un homme blessé qui rampe dans la neige et regarde l’objectif :
« Il est à quelques mètres de vous. Il a les jambes arrachées. Vous ne pouvez rien faire. Vous êtes complètement frustré. Vous vous sentez comme une merde. Et pourtant vous prenez la photo. Vous la justifiez en pensant : le monde doit savoir ce qui se passe ici. Foutaises… Ce n’est qu’un réflexe. Parce que vous avez peur, parce que vous ne voulez pas accepter que vous pourriez être à sa place. Votre appareil photo vous sert de bouclier. »
In Il était une fois la Tchétchénie, documentaire de Nino Kirtadze, 2001."

Sites à propos des photos :
http://motsdimages.ch/Kim-Phuc-brulee-au-napalm-Nick-Ut.html (à propos de la photo de Nick Ut)
http://www.gratitude.org/myth_of_the_girl_in_the_photo.htm (à propos de la photo de Nick Ut)
http://www.zeithistorische-forschungen.de/portal/alias__zeithistorische-forschungen/lang__de/tabID__40208413/DesktopDefault.aspx (à propos de la photo de Nick Ut)
http://www.histege.com/article-la-petite-fille-brulee-au-napalm-1972-histoire-des-arts-3e-104744258.html (à propos de la photo de Nick Ut)
http://tribouilloyterminales.over-blog.com/ (à propos de la bombe)
http://www.huffingtonpost.com/2013/03/16/my-lai-massacre-anniversary_n_2891800.html (à propos du massacre de MyLai)
http://life.time.com/history/my-lai-remembering-an-american-atrocity-in-vietnam-march-1968/#3 (site Life)
http://www.marcriboud.com/marcriboud/accueil.html (site du photographe Marc Riboud)
http://lesensdesimages.com/2012/06/05/analyse-dun-photographie-la-fille-a-la-fleur-de-marc-riboud-1967/#more-35 (analyse de la jeune à la fleur).
http://www.rue89.com/2013/01/09/une-nouvelle-photo-du-champignon-nucleaire-dhiroshima-238433 (hiroshima)

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