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Moochg5 : La balado-diffusion en histoire

samedi 19 janvier 2019, par Cécile De Joie, Sophie Picardat

Article proposé dans le cadre de la semaine 3 du Moochg5

La baladodiffusion ou podcasting est un mode de production et de diffusion de fichiers. En classe, il permet traditionnellement à des élèves en langues vivantes de s’exercer à la compréhension ou à l’expression orale. Ils peuvent ainsi s’enregistrer et transmettre leur production à leur professeur ou inversement.
Cela peut être réalisé par le biais d’une mallette. Il en existe différents types.

Mission One clic :

  • Imaginer une activité qui pourrait être le support d’une production orale.
  • Produisez une fiche de consignes
  • Venez partager vos productions et expériences de la baladodiffusion en classe sur le groupe Viaeduc : https://www.viaeduc.fr/group/19134

Depuis 2017, l’équipe de langues vivantes de mon établissement s’est vu doter d’une mallette baLibom après avoir fait une demande au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Restée rangée quelques mois dans un placard, quelques collègues d’espagnol se sont mises à l’utiliser depuis le printemps 2018, surtout pour travailler l’expression orale.

Les avantages :

Le matériel se trouve dans une mallette lourde mais transportable. Elle est munie, dans la version à ma disposition, d’un ordinateur sur lequel est installé le logiciel BaLibom et de 35 baladeurs numérotés ainsi que d’écouteurs. Pour utiliser ce matériel, il suffit de recharger quelques heures auparavant la mallette.
Si les apports pédagogiques en langues vivantes paraissent évidents, les usages de la baladodiffusion en histoire-géographie sont également multiples : travailler les compétences orales nécessaires dans le cadre d’un écrit oralisé en prenant conscience des qualités de communication que cela requiert, organiser sa pensée, différencier les activités en fonction des difficultés rencontrées par chaque élève, notamment ceux rencontrant des troubles des apprentissages.

Des inconvénients :

Utiliser la baladodiffusion peut néanmoins présenter quelques inconvénients notamment d’ordre pratique puisqu’il faut vérifier en amont que les baladeurs sont bien chargés. La manutention peut aussi être un frein pour une activité individuelle dans une classe de 30 élèves. Si le sac pour leur transport facilite leur usage, il faut demander aux élèves de se nommer avant de commencer l’enregistrement ou bien, si un support écrit est prévu, faire numéroter le baladeur utilisé. Enfin le matériel peut dysfonctionner.

Une utilisation en 1ère technologique pour préparer l’épreuve orale en histoire-géographie

Découvrant le matériel, j’ai pensé l’utiliser avec les classes de 1e technologique préparant l’épreuve d’histoire-géographie à l’oral. J’organise chaque année une épreuve blanche mais cela est très chronophage. J’ai également tenté l’enregistrement par le biais de leur propre téléphone portable mais rares sont les élèves à avoir envoyé l’activité finalisée. Avec ces MP3, les élèves sont obligés de rendre quelques chose, même inachevée, et les contraint à se confronter à ce qui les attend.

Aussi, trois fois dans l’année, je prévois d’employer ces baladeurs pour des activités orales similaires à celles du baccalauréat : restituer des connaissances répondant à des questions (Ie Partie de l’épreuve) et analyser de manière critique un document d’histoire ou de géographie (IIe Partie de l’épreuve).

Vivre et mourir en temps de guerre.

L’activité proposée concerne ici la séquence B. Les élèves étudient à cette occasion la Seconde Guerre mondiale. Un document est proposé avec quelques éléments à exploiter mis en évidence. Il est accompagné d’une consigne formulée de la même façon qu’au baccalauréat. Pour les aider en ce début d’année, la structure des propos est donnée. Il s’agit de la compléter à l’aide de l’observation et de l’analyse du document et de ses connaissances. L’objectif est de rendre une copie orale de 4 minutes minimum. Pour les aider, je leur conseille de préparer leur brouillon pendant 30 minutes avant de passer à l’enregistrement dans le dernier quart d’heure de la séance, ce qui laisse la possibilité de refaire l’exercice oral.

Au final, l’activité s’est révélée concluante. Une fois la timidité vaincue, les élèves ont tous enregistré leur analyse. Dans une des deux classes, sur 20 élèves, seuls deux n’ont pas rendu une production orale terminée. Elle a également permis à certains élèves de révéler des qualités pas toujours exploitées et de prendre confiance en eux. La correction de cette activité ne m’a pas paru plus importante que si les élèves avaient uniquement rendu une copie manuscrite.
Toutefois quelques-uns ont souhaité sortir dans le couloir pour s’isoler et s’enregistrer à l’abri d’oreilles indiscrètes. Cet aspect est encore à travailler avec eux.


La baladodiffusion peut s’avérer très pertinente dans d’autres contextes. Ce peut-être utile dans le cadre d’une classe euro ou dans celui d’une sortie scolaire, tant pour la préparer que pour recueillir les retours des élèves. Et elle sera certainement pertinente dans la préparation au Grand Oral qui attend les élèves de Terminale dans la prochaine formule du Baccalauréat dès 2021.