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n monument pour le Dr Émile Mauchamp à Chalon-sur-Saône.

jeudi 18 septembre 2008, par F. Lefeuvre


Le Courrier de Saône-et-Loire annonce, le 25 mars 1907 : "Le fils de M. Mauchamp, conseiller général, ancien maire de Chalon, a été lapidé au Maroc, à Marrakech."
Émile Mauchamp, 38 ans, né à Chalon, était médecin général du dispensaire français au Maroc, où il était installé depuis 18 mois.
Personnalité attachante et reconnue pour ses compétences professionnelles, il avait acquis une belle réputation lors du traitement de l’épidémie de choléra à Jérusalem, en 1902.
Les circonstances de sa mort sont connues et déchaînent les passions contre une "foule d’indigènes" surexcités.
Les motifs sont plus troubles. L’ouverture d’une entreprise de télégraphie sans fils est au coeur de la question et le projet français s’oppose au projet allemand. L’Allemagne qui d’ailleurs a des visées sur le territoire marocain...
Le Courrier de Saône-et-Loire se fait l’écho d’informations selon lesquelles des agents allemands auraient rendu la foule incontrôlable en lui expliquant que le mât que l’on était en train d’installer sur le toit de la maison du médecin, qui séjournait alors à Chalon, était un poteau télégraphique.
Or, le docteur Mauchamp était lié à la mission du professeur Genty chargée de procéder à des relevés topographiques ; et pour cela la mission installait des mâts pour émettre autant que pour recevoir des signaux géodésiques...
L’émotion est considérable à Chalon, où tous les drapeaux sont mis en berne et où des articles de presse demandent ce que compte faire le gouvernement.
Des funérailles solennelles sont organisées, le 11 avril 1907. En présence de Stephen Pichon, ministre des Affaires étrangères, qui remet à Émile Mauchamp la Légion d’honneur à titre posthume. Un monument est érigé à Chalon, en 1910, suite à une souscription internationale.

Franck LEFEUVRE (Lycée Pontus-de-Tyard, Chalon-sur-Saône), mars 2007.

Source des informations : Le Courrier de Saône-et-Loire / Le Journal de Saône-et-Loire, mars 1907.