Accueil  >  Enseigner  >  Géographie > Habiter la ville : New York avec l’utilisation d’extraits musicaux et des extraits de films.

Rubrique Habiter

Habiter la ville : New York avec l’utilisation d’extraits musicaux et des extraits de films.

Le 22 septembre 2009 - B.Ledy

Etude de cas : l’agglomération de New York

 

 

 L’idée est de travailler avec des extraits musicaux ( rap) et des extraits de films comme spider man. Ségrégation et développement de la ville sont les deux notions abordées dans ce travail. Dans cet article sont apportés des infomations pour l’enseignant et les choix des exercices.

 

III - HABITER LA VILLE

( environ 15% du temps consacré à la géographie )

CONNAISSANCES

Habiter la ville

Plus de la moitié de l’humanité vit en ville. Les paysages urbains et la

vie en ville dépendent de multiples facteurs au nombre desquels la

culture et l’histoire, le cadre naturel, les activités, la situation

démographique et le niveau de développement.

DÉMARCHES

Deux études de cas reposent de manière privilégiée sur l’étude de

paysages :

deux villes, choisies dans deux aires culturelles différentes.

Ces études de cas permettent de dégager des caractéristiques

communes et des éléments de différenciation.

CAPACITÉS

Situer les espaces étudiés sur différents planisphères thématiques

Décrire les paysages étudiés et expliquer les transformations des espaces concernés.

Réaliser un croquis simple d’un paysage

 

Bibliographie :

 

-A.Musset De New York à Coruscant  (Puf, 2005)

-Pierre Evil, Gansta-rap, Flammarion, 2005 

-Hérodote n° 132, Les enjeux de la revitalisation urbaine : Harlem, du ghetto au quartier chic par Charlotte Recoquillon

 

 

 

Problématique :

 

Quels facteurs expliquent la ségrégation spatiale à New York ? Les problèmes liés au développement de la ville de New York se rencontrent-ils aussi ailleurs ?

 

 

1° heure

 

 

1) Paysage

 

Vue aérienne de Manhattan (Hatier 2009 2 p.231 ou mieux Hatier 2004 3 p. 273)

 

Faire :

 

-Situation http://maps.google.fr/maps?hl=fr&tab=wl

-Description du paysage

-Croquis simple de Manhattan

 

2) Le développement de la ville a posé de nouveaux problèmes

 

-Partir de photos des banlieues et ou des anciens quartiers centraux

La question des transports

 

Habiter la ville séquence inscrite au programme de sixième est aussi l’occasion d’utiliser le cinéma. Nous utiliserons quelques « Blockbuser » plus ou moins récents. Il faut reconnaître que c’est une séance dont j’ai eu l’idée suite à la lecture du livre d’A.Musset De New York à Coruscant  (Puf, 2005). Trois courts extraits sont choisis :

 

1) la fin de la version remasterisée (2004) du Retour du Jedï  (R.Marquand, 1983) où l’on observe le plan de liesse sur Coruscant 2h 00 27s à 2h 01 02s

2) Séquences de Batman II : le défi (T. Burton, 1992), où l’on voit les sombres buildings de Gotham City 00 :06 : 04 à 00 : 07 : 10 (travelling haut vers les zones de pouvoir), 00 :38 :04 à 00 : 38 : 36 (promenade la nuit dans une ville inquiétante) 01 :16 :58 à 01 : 17 : 12 (saut des les immeubles vertigineux) 01 : 55 : 26 à 01 : 55 :48 (Travelling haut sur l’ensemble de la ville)

3) Séquences de Spiderman (S.Raimi, 2002), la première où l’on voit P.Parker courir après le bus après être sorti de son domicile 00 : 03 : 00 à 00 : 03 : 57, 00 : 04 :25 à 00 : 04 : 27 (où l’on voit P.Parker courir après le bus après être sorti de son domicile), 00 :20 : 03 à 00 : 20 : 14 ( la résidence des Osborn, noter le luxe)), 00 : 26 : 46 à 00 : 27 : 19 ( la résidence des Parker), 00 : 32 : 53 à 00 : 33 : 14 ( comment va-t-on en ville, pourquoi ?), 01 : 50 : 00 à 01 : 50 : 51( Spiderman et la ville américaine : un reflet de la puissance) .

 

L’idéal pour une utilisation en classe et de les monter à la suite voire avec des intertitres. « Windows movie maker » suffit pour ce type d’opération.

 

L’idée est de montrer la représentation de New-York et de ses problèmes. Dans sa version la plus folle, la ville-monde devient tentaculaire et planétaire, Coruscant est son image. La violence que la ville génère a transformé New-York (Batman y officiait en 1939) en ville gothique sombre et violente, Gotham City.

Enfin Spiderman, au-delà du trauma du 11 septembre, nous montre les différences sociales et spatiales au niveau urbain. P.Parker est un new-yorkais de la classe moyenne, il habite un petit pavillon et se rend au centre de la ville grâce aux transports en commun. N. Osborn est un riche patron faisant partie de Manhattan, les classes très aisées sont les seules à pouvoir s’offrir des appartements sur la 5° avenue.

La ville est un espace, un reflet de la puissance c’est-à-dire à la fois un espace capital, central et une capitale (au sens politique -cependant veiller à ne pas entraîner une confusion avec Washington-, ici surtout économique et financière)  comme nous le montre les fictions.

 

Ces extraits vidéo peuvent être aussi utilisés en 3° pour évoquer les villes comme reflets de la puissance, avec des questions plus ouvertes et un commentaire plus ambitieux. Cela peut aussi servir pour mesurer l’américanisation de  la culture mondiale qu’illustrent ces films.

 

Questions envisagées sur la vidéo

1) Depuis quelle rue P.Parker court-il après le bus ? La situer sur la carte de New York grâce à Google Map.

2) A partir du croquis fait plus haut et de cette information, localisez l’habitat des Osborn et celui des Parker et décrivez l’intérieur

3) A partir des 2 séquences vues dans les extraits, pourquoi se rend-on en ville ?

4) Pourquoi cette balade montre la puissance la ville US ? (association entre le héros et la ville)

5) Où se trouvent-les lieux de pouvoir ? Comment le réalisateur (l’auteur du film) nous le montre-t-il ?

6) Comment le cinéaste nous montre que la ville Us la nuit est un milieu inquiétant et dangereux ?

7) Quels sont les problèmes qui se posent dans les grandes villes ? ou pourquoi a-t-on besoin des super Héros ?

8) En quoi Gotham city ressemble-t-elle à New York ? (verticalité du centre…)

 

2° heure

 

3) La ségrégation spatiale et les transports ( bis)

 

 

« Les images sont devenues l’une des marques de fabrique les plus reconnaissables du style de Dre pendant toutes les années Death Row. Mais elles sont bien plus que cela : elles disent la vérité sur le G-funk. Elles nous rappellent que cette musique est toute entière construite pour et autour de l’automobile (Dre ne s’est jamais caché que, lorsqu’il voulait écouter ce que donnaient vraiment les sons, c’est dans sa bagnole qu’il les écoutait). En comprenant que c’est précisément cela qui manquait au rap de Los Angeles, Dr Dre donna à sa ville le son qu’il lui fallait, celui qui convenait à ses highways infinies, à sa géographie d’asphalte, à ses pavillons de plain-pied, à ses parkings et ses supermarchés au bord de la route ; et, au volant de sa décapotable chromée, il dégagea enfin le rap West Coast de l’ombre immense de New York. Pouvoir s’asseoir dans une automobile. Le rap, né tout entier d’une ville absolument verticale, n’avait besoin que de cela pour pleinement s’adapter, enfin, à une ville absolument horizontale.

 

Ce faisant, le rap de Los Angeles rompit avec ses origines new-yorkaise. Car si le rap ne s’était jusqu’alors jamais intéressé à la voiture, c’est que le mouvement hip-hop s’était bâti sur une toute autre culture que celle des autoroutes : son univers était celui d’une ville dont les veines n’étaient pas faites pour de ponts et d’échangeurs, mais de rails et de tunnels ; où l’on se déplaçait dans le métro, Adidas au pieds ; où l’idée même d’avoir une voiture était saugrenue. En sortant des couloirs du subway pour le balancer dans le trafic des highways, le G-funk le coupait de toute la culture urbaine proprement new-yorkaise qui l’avait baigné depuis sa naissance »

Pierre Evil, Gansta-rap, Flammarion, 2005 

 

Pourquoi le hip hop, pourquoi en classe ? : Cette culture née à New York en 1984 fait partie désormais des cultures de masse en tant que tel, au même titre que d’autre musiques pop (rock, techno nées à Chicago et Détroit à peu près au même moment…). La durée dans laquelle est inscrit maintenant ce genre lui laisse largement une place dans la culture de postmoderne.

 

 

J’ai sélectionné les éléments du texte qui servent ma problématique : 

 

 « Le rap est né tout entier d’une ville absolument verticale. Le mouvement hip-hop s’est bâti sur une toute autre culture que celle des autoroutes : son univers était celui d’une ville dont les veines n’étaient pas faites pour de ponts et d’échangeurs, mais de rails et de tunnels ; où l’on se déplaçait dans le métro, Adidas au pieds ; où l’idée même d’avoir une voiture était saugrenue. »

D’après Pierre Evil, Gansta-rap, Flammarion, 2005 

 

 

Ce texte peut aussi servir en 3° pour la domination culturelle des Etats-Unis, voire sur les transports aux Etats-Unis ( je pense ici au culte de l’automobile, visible à L.A.) Cette partie peut être aussi une entrée en matière ou une accroche qui pourrait plaire à des lycéens .Là aussi on peut mettre l’accent sur la domination culturelle et/ou la mondialisation de la culture, qui marque les jeunes de New York à Paris en passant par Bogota.

 

 

Présentation rapide, tirée de Wikipédia (pour le professeur) :

 

Signant chez Loud Records, Mobb Deep ne se décide pas à se débarrasser de l’image d’un duo de jeunes voyous ; les deux rappeurs sont persuadés qu’à terme, leur volonté de narrer le quotidien des cités, aussi sale et lourd soit-il, sera récompensée. Définitivement hardcore, donc, le duo pousse jusqu’au bout sa prise de responsabilités : Havoc se charge désormais de la production des titres du groupe, à commencer par le single Shook Ones. Enregistré en 1994, passé plutôt inaperçu, il témoigne d’une atmosphère, d’un esprit artistique bien plus noir, presque inquiétant. L’album The Infamous (1995) s’inscrit dans cette même évolution : non seulement Mobb Deep n’a pas renoncé à témoigner de la vie dans le ghetto new-yorkais, mais il le fait désormais de manière foncièrement subjective, sombre, lourde, presque sale. C’est cet attachement et cette honnêteté vis à vis de la rue qui assure à l’album un triomphe critique exceptionnel

 

Passer la chanson de Mobb Deep, Survival Of The Fittest, extrait de l’album Infamous (1995). Le clip et la chanson sont trouvables facilement sur Internet.  

 

Musique de contestation qui naît dans les espaces périphériques bien que centraux (Harlem depuis 1904 est un quartier noir)

 

Relever les moyens de transports usuels dans New York et expliquez le rapport avec la naissance d’une musique qui naît dans de la ségrégation, + musique sombre et violente Un son « noir » (qui est la fois musique de contestation et de ségrégation)

 

4) La rénovation urbaine

 

« Harlem est resté le ghetto américain le plus célèbre du monde pendant près d’un demi siècle.

La situation d’extrême ségrégation qui s’était perpétuée au cours du XX° siècle à Harlem, ajoutée au racisme et à la pauvreté, avait conduit son capital architectural, pourtant magnifique, à se dégrader fortement. De splendides demeures bourgeoises transformées en taudis au milieu de terrain vacants formaient un paysage dévasté. La misère et la violence, ainsi que la drogue et le crime, y proliféraient, effrayant les blancs de Manhattan qui jamais ne traversaient la frontière imaginaire de la 96° rue. Ce patrimoine est aujourd’hui redécouvert et très prisé. Réhabilitées et restaurées, ces mêmes habitations valent plusieurs millions de dollars en ce début de XXI° siècle. »

 

 

Hérodote n° 132, Les enjeux de la revitalisation urbaine : Harlem, du ghetto au quartier chic par Charlotte Recoquillon, 2009.

 

1) Où est située Harlem ? (Google map)

2) Quels problèmes se sont posés à Harlem ces 50 dernières années ?

3) D’après la situation de Harlem sur la carte et ce que l’on a vu précédemment, expliquez pourquoi les maisons valent aujourd’hui plusieurs millions de dollars.

  

 

3° heure : Perspective, l’agglomération parisienne….

 

Document 1

 

La Ville de Vitry est engagée dans un ambitieux projet de développement, de renouvellement urbain et économique afin de répondre aux besoins de la population en matière de construction de logements diversifiés, d’amélioration des transports en commun, du maintien et de la création de nouveaux services publics de proximité, avec environnement et cadre de vie pour tous.

 

L’Etat, la Région, le Département et les communes voisines sont associés à divers niveaux dans ce projet qui a pris toute sa place dans l’Opération d’Intérêt National (OIN).

 

Extrait de http://www.alainaudoubert.com/, le blog du maire de Vitry

 

1) Localisation. Dans quelle agglomération nous trouvons nous (définition du terme) + Geoportail

2) Quels sont les problèmes que rencontre la population ?

3) Quelle solution propose la ville de Vitry ?

4) Quelles collectivités participent à ces opérations ?

 

Document 2

Aujourd’hui, la précarisation massive des populations apparue dans le cadre d’une forte désindustrialisation qui touche les périphéries, conduit néanmoins à la ghettoïsation de certains quartiers. Le chômage massif y contribue, avec des taux de 30% à 40 % d’inactifs de 16 à 25 ans. Une partie de la jeunesse, peu ou non qualifiée n’a plus accès à d’autres emplois que précaires.

 

 

http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=891

 

1) Quel autre problème touche la population des banlieues ?

2) Quelle classe d’âge est massivement touchée ?

 

 

Conclusion : Construction d’une trace écrite commune qui décrit la ville américaine, qui pose les problèmes des villes du Nord et qui conclue sur les solutions apportées par les politiques à ces problèmes.

 

Pour Evaluation : faire un croquis de paysage, étude de document sur le problème des transports ou sur la politique de la ville, définition du vocabulaire spécifique…

 

De la pratique : J’ai essayé en partie cette séance l’année dernière en adaptant les anciens programmes. J’ai notamment utilisé la vidéo sur les films de super héros et mes élèves se sont montrés motivés et ont assez vite compris où je voulais en venir, alors même que ce jour là, je n’avais, pour des raisons techniques, pas de son. La piste du muet et donc à envisager si le questionnaire ne vous convient pas. La vraie difficulté est qu’il ne faut à aucun moment se laisser déborder par leur goûts ou autre et utiliser ces films/chansons pour arriver à nos objectifs : leur faire comprendre les problèmes liés à la ségrégation spatiale et au développement urbain. 

B.Ledy

 

 

mars 2017 :

Rien pour ce mois

février 2017 | avril 2017

Restez informé

  • Portail national éduscol
  • Flux RSS, abonnez-vous au fil des actualités du Histoire géographie Dijon
  • Twitter histoire-géographie académie de Dijon
  • Scoop it ! histoire-géographie académie de Dijon

Rester informé

  • Portail national éduscol
  • Flux RSS, abonnez-vous au fil des actualités du Histoire géographie Dijon
  • Twitter histoire-géographie académie de Dijon
  • Scoop it ! histoire-géographie académie de Dijon