search

Accueil > Enseigner > Enseignement Moral et Civique > la vie démocratique > Le rôle d’internet : Le web participe-t-il à la démocratie ?

Le rôle d’internet : Le web participe-t-il à la démocratie ?

lundi 5 novembre 2018, par J-F Boyer webmestre

Cet article propose une analyse sur les usages de l’internet. Il s’inscrit dans la prise de conscience des enjeux civiques de l’usage du numérique en cycle 4.

Pour aborder le rôle d’internet, j’ai choisi de travailler avec des vidéos du site Jalons pour l’histoire du temps présent de l’INA. Elle porte sur les débuts d’internet, le développement par le E-commerce, la question du téléchargement et enfin le rôle des réseaux sociaux à travers l’exemple du printemps arabe en 2011. Cette dernière partie fait l’objet d’un débat plus poussé où les élèves sont invités à s’exprimer sur le rôle du web dans la vie démocratique.
L’idée est de montrer le tiraillement entre le tout libre (tout gratuit aussi...) et la mainmise du système économique et financier (création et destruction d’emplois aussi), de s’interroger sur internet, le web et les réseaux sociaux, la liberté et la fiabilité de l’information dans les pays, nécessaire à la démocratie.
Le débat permet de distinguer les points de vue des uns et des autres, de prendre la parole et de mieux cimprendre "le rôle des médias, des réseaux dans l’information et la vie démocratique" (cycle4 programme , B0 n°30 du 26 juillet 2018).
Problématique :

Le web participe-t-il à la démocratie ?

Démarche :

Deux options possibles :
- en salle informatique un temps d’écoute et de recherche des informations puis une seconde heure de discussion et débat sur le rôle du web dans la vie démocratique. La première option donne plus de temps et d’idées dans le débat.
- en salle de classe où les vidéos sont projetées et au fur et à mesure ; éléments de réponses et discussion sont apportés par les uns et les autres (élèves et enseignant) pendant une heure. La seconde option est plus rapide en terme de temps.

TICE :
salle informatique et vidéo projecteur.

Bibliographie :
R.Simone, Pris dans la toile, l’esprit au temps du web, le débat Gallimard, 2012.
G.Chaliand, Vers un nouvel ordre du monde, Seuil, 2013 voir les pages 175 et suivantes. L’auteur insiste sur le travail politique de base auprès du peuple des mouvements comme les Frères Musulmans pour changer le système politique. Les moyens de communication facilitent mais ne suffisent pas.

Compétences :
Culture de la sensibilité (exprimer son opinion et respecter l’opinion des autres ; accepter les différences)
Culture de la règle et du droit (comprendre le rapport entre les règles et les valeurs)
Culture de l’engagement (être responsable de ses propres engagements).

Trace écrite :
L’opinion publique et les médias.

Un média est un moyen de diffusion pour communiquer des informations vers les individus. Les médias sont aujourd’hui dans la plupart des pays, la presse écrite (les journaux), la radio, la télévision et le web.
En principe, les médias sont libres et facilitent par la pluralité des opinions et le respect de la liberté et des libertés, la démocratie. Ils permettent aux individus d’exercer au mieux leur citoyenneté.
Mais les médias jouent aussi un rôle sur la formation de l’opinion publique dans la démocratie. Pour rester fiable, les médias doivent respecter la charte de déontologie de Munich de 1971. Celle-ci exige comme devoir le respect de la vie privée des personnes ou encore de publier des informations vérifiées par plusieurs sources, interdire le plagiat ou la diffamation et respecter la vérité.

Depuis le début des années 70, internet un système d’interconnexion de machines constitue un réseau sur l’ensemble de la planète avec une vitesse d’exécution quasi instantanée. Il permet un transfert de données, d’informations multiples par des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le world wide web (trois applications parmi d’autres d’internet).

L’origine d’internet dans les années 60 est d’abord militaire pour permettre le travail entre ordinateur en cas d’attaque notamment nucléaire. Le développement du web (protocole permettant de lier des pages entre elles avec des textes, des liens hypertextes, des images…) marque la naissance d’internet pour le grand public. Les médias traditionnels, les particuliers et les acteurs économiques utilisent à partir de 1991 de plus en plus le web (26 sites web en 1992, plus de 312 millions de sites en 2013).

L’inventeur du web Tim Berners Lee voyait dans le web un moyen d’apporter des informations et de faciliter la collaboration. Il est dans un premier temps surtout un moyen d’information privée ou commerciale où l’utilisateur cherche une information.

Depuis les années 2000 le web 2.0 fait son apparition par une plus grande simplicité et une interactivité permettant à chacun de collaborer sous différente forme au web. L’internaute peut interagir à travers par exemple les blogs ou les wikis et les réseaux sociaux (Tweeter ou Facebook par exemple). Cela réclame pour le lecteur une analyse des informations, une confrontation et une mise en perspective de l’information, une éducation à l’information.

Le printemps arabe en 2011 où les populations de plusieurs pays (Tunisie, Egypte, Libye, Yémen, Syrie) ont contesté les pouvoirs autoritaires en place ont montré l’usage du web et notamment des réseaux sociaux. Ils ont facilité l’amplification du mouvement en coordonnant les manifestations, en rassemblant des gens qui avaient les mêmes opinions. Mais tout cela n’aurait pas été possible sans la volonté des hommes de se heurter physiquement aux dictatures en place. Les gouvernements ont essayé de censurer internet et le web.

Ce printemps arabe montre le rôle des réseaux sociaux. Plus largement, il pose aussi la question du rôle des médias traditionnels obligés d’utiliser le web. Il interroge sur la fiabilité de l’information, la nécessité de l’analyse face à l’instantanéité des informations.

Le web est investi par les acteurs économiques et les acteurs de l’information qui n’ont pas forcément les mêmes intérêts que l’individu (voir la question des téléchargements, l’internet libre face au E-commerce) et la mise en place d’un système économique numérique dont les conséquences sociales sont multiples montrant par exemple l’importance de l’économie du savoir et donc le rôle de l’éducation et l’interrogation que nous devons avoir sur l’information proposée.

Le logo de l’article est une capture d’image de l’extrait Jalons pour l’histoire du temps présent Internet 1995.