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Étudier et cartographier la ressource et la gestion de l’eau en Afrique australe

samedi 4 novembre 2017, par Angélique Marie

Cet article rend compte d’une séquence pédagogique présentée lors des ateliers numériques du FIG 2017. Les outils numériques au service des apprentissages sont mis en avant dans cette démarche.

Introduction :
La géographie de l’Afrique occupe depuis la mise en place des programmes des classes terminales des séries générales de lycée, en 2013, une part plus importante dans les enseignements puisque y sont abordés les défis du développement de ce continent en pleine mutation. Si les nouveaux programmes de collège proposent également des études de cas portant sur des ensembles géographiques africains, les élèves de seconde générale n’en ont souvent qu’une vision restreinte et parfois caricaturale. Or, ce sujet permet d’étudier les grands changements liés à la mondialisation avec des clés de lecture variées. Pour des élèves de seconde, aborder la question de la gestion des ressources en eau par les hommes, via le cas de l’Afrique australe, conduit à une approche multicausale et multiscalaire, tout en permettant de prolonger le chapitre introductif de l’année, portant sur « les enjeux du développement ».
Par ailleurs, l’usage des outils numériques, en classe entière ou lors de travaux de groupe, permet de renouveler et d’actualiser les ressources documentaires. L’utilisation des applications et en particulier des SIG, aide également les élèves à s’approprier les méthodes de la géographie.
Les objectifs de la séquence sont de permettre aux élèves de seconde générale et technologique de découvrir un pays méconnu, le Lesotho et ses liens particuliers avec l’Afrique du Sud. L’étude de cas sur « la gestion de l’eau en Afrique australe » est le fil conducteur du chapitre sur « L’eau, ressource essentielle ». La démarche présentée ici, met l’accent sur les séances utilisant le numérique.

I. L’insertion de la séquence dans les programmes et programmations.

I.1. Place dans les programmes.

La séquence est conçue pour une classe de seconde, dans le cadre du thème 2- Gérer les ressources terrestres - L’eau, ressource essentielle.
Elle est adaptable en cycle 4, Cinquième (Thème 2 - Des ressources limitées, à gérer et à renouveler) et Cycle 4. Quatrième (Thème 3 - Les dynamiques d’un grand ensemble géographique africain.)
Elle peut aussi être proposée, avec des ajustements, aux classes de terminale S/ES/L., dans le cadre du Thème 3 – L’Afrique : les défis du développement.

I.2. Problématique, objectifs notionnels et méthodologiques.

La problématique générale de la séquence est la suivante :
En quoi la gestion de l’eau en Afrique australe est-elle révélatrice des enjeux actuels autour de cette ressource vitale ?

Les notions mobilisées sont celles de : ressource, pénurie, aménagements, développement, gestion durable, acteurs, inégalités, conflits d’usage, pollution.

Les capacités / compétences mobilisées sont :

  1. Prélever, hiérarchiser, organiser, confronter et synthétiser des informations.
  2. S’informer dans le monde du numérique.
  3. Maîtriser des repères spatiaux sur des cartes à échelles ou systèmes de projections différents.
  4. Mener à bien une recherche individuelle ou au sein d’un groupe, prendre part à une production collective.
  5. Confectionner des croquis à l’aide d’outils numériques.
  6. Mener une recherche ou une veille d’information.
  7. Gérer des données
  8. Collaborer

Les outils et les ressources numériques utilisés sont :

I.3. Le déroulé de la séquence.

  • 1. Dégager la problématique générale de la séquence et réaliser une carte mentale.
  • 2. S’informer, à l’aide de Pearltrees, sur les aménagements hydrauliques réalisés au Lesotho et sur leurs conséquences.
  • 3. Construire un croquis collaboratif sur le problème de l’eau en Afrique australe.

I.4. Les pistes d’évaluation :

Évaluation formative : montrer sa capacité à travailler en groupe, à s’organiser et à produire un croquis en respectant des consignes précises.
Évaluation sommative  : argumenter de manière construite en réutilisant les notions et le vocabulaire géographique du cours (préparation à la composition en géographie).

II. Les différentes étapes de la séquence :

II.1. Problématiser la séquence avec les élèves. (2 heures)

II.1.1. Première séance : introduction générale.

Objectifs :
Les objectifs sont localiser le Lesotho et l’Afrique australe, de remobiliser des notions abordées dans les chapitres précédents (ressource, gestion durable..), de hiérarchiser des informations et les regrouper sous forme de carte mentale. Au final, les élèves sont conduits à proposer une problématique pour le chapitre.

Démarche pédagogique :

  • Etape 1 :Le professeur donne tout d’abord le thème de la séquence. Les élèves en classe entière visionnent deux courtes vidéos projetées au vidéoprojecteur portant sur la sécheresse de 2016 au Lesotho et sur le barrage Katse.

    Exemple de vidéo utilisable en classe :


  • Le professeur présente ensuite une carte de l’Afrique du Sud et explique la situation du Lesotho, inconnue des élèves. Les ressources cartographiques sont incluses dans un diaporama (réalisé avec Prezi).
  • Etape 2 : En cours dialogué, les élèves construisent ensuite une carte mentale à l’aide de l’application Framindmap. Ils sélectionnent les idées les plus pertinentes, les relient entre elles, corrigent si besoin. Le professeur gère l’application et complète la carte, vidéo-projetée. Les élèves prennent des notes. Le rôle du professeur est ici de gérer la prise de parole, de permettre à chaque élève de s’exprimer, de répondre aux questions. La séance permet une grande interactivité et les cartes mentales produites sont d’ailleurs différentes d’un groupe classe à un autre.

    Carte mentale réalisée par les élèves de seconde, en classe, à l’aide de Framindmap.

    Source : Capture d’écran réalisée par A MARIE
    https://framindmap.org/c/maps/306603/public


  • Etape 3 : Dans un second temps, en cours dialogué, les élèves dégagent la problématique générale de la séquence et construisent son plan. L’étude de cas permet de montrer que l’eau est une ressource inégalement répartie et inégalement accessible.

II.1.2. Deuxième séance : l’eau, une ressource inégalement répartie et inégalement accessible.

Lors de la deuxième heure de cours, le professeur, en cours dialogué aborde la question de l’eau à l’échelle mondiale en montrant que cette ressource dont les besoins augmentent est inégalement répartie et inégalement accessible.

II.2. Séance 2 : S’informer, à l’aide de Pearltrees, sur les aménagements hydrauliques réalisés au Lesotho et sur leurs conséquences. (2heures)

II.2.1. La maîtrise de l’eau et les aménagements hydrauliques. Reprise de l’étude de cas sur l’Afrique australe.

Objectifs :
Dans le cadre de cette seconde partie, l’étude de cas sur l’eau en Afrique australe est poursuivie. Les aménagements réalisés sont présentés.
La problématique est : comment l’Afrique du Sud utilise-t-elle l’eau du Lesotho ?

Démarche pédagogique :
Le professeur, en amont, sélectionne des ressources variées et actualisées qu’il regroupe et classe dans Pearltrees. Cet outil de partage et d’organisation de contenus web est utilisé, ici, dans sa version gratuite. En classe entière, le professeur se connecte au dossier préparé et au site du barrage Katse. Les élèves doivent à l’aide d’une consigne générale rédigée au tableau, mettre en évidence l’aménagement réalisé, son ampleur, ses bénéficiaires et son impact sur l’environnement. En travail individuel, ou par deux, en fonction de leurs difficultés et dans un souci de différenciation, ils rédigent et structurent leur réponse. Le professeur circule dans la classe, répond aux questions, remédie aux difficultés. Différentes pages sur le site du barrage sont successivement ouvertes pour permettre aux élèves de progresser dans leur questionnement. À la fin de la séance, les paragraphes argumentés sont mis en commun.


Dans Pearltrees, le classement des ressources utilisables en classe et à la maison.

Le problème de l’eau en Afrique australe. par amcarnot


L’exercice permet de montrer l’impact des aménagements sur le milieu naturel mais aussi sur les hommes et l’économie (données chiffrées dans le site du barrage). Les notions abordées sont celles d’anthropisation, de conflits d’usage, d’inégalités, de gestion durable.

II.2.2. La maitrise de l’approvisionnement et les grands aménagements hydrauliques.

Lors de cette quatrième heure de cours, les élèves étudient de manière critique des documents de leur manuel sur les grands barrages dans le monde.

III. Séance 3 : Construire un croquis collaboratif sur le problème de l’eau en Afrique australe. (2 heures)

III.1. Une ressource convoitée et de plus en plus menacée. Reprise de l’étude de cas sur l’Afrique australe puis élargissement à l’échelle mondiale.

Les élèves étudient de manière critique un article portant sur de l’eau contaminée par une bactérie en Afrique du Sud ainsi qu’un dossier de leur manuel sur l’accès à l’eau dans ce pays (manuel : Géographie 2nde, éditions Magnard, 2010). Ils mettent en évidence la fragilité de la ressource et sa potentielle dangerosité.
Dans un deuxième temps, sont évoqués successivement la pollution, les pénuries, les conflits pour l’eau et la question de sa durabilité.

III.2. Conclusion de la séquence.

Les objectifs de cette dernière séance, qui peut être réalisée en une ou deux heures sont de permettre aux élèves de construire un croquis synthétisant les notions abordées lors de l’étude de cas. Il s’agit également de leur permettre de s’approprier les outils de la géographie de manière autonome et de les faire travailler par groupes, de manière collaborative.

La problématique est la suivante : En quoi la gestion de l’eau en Afrique australe est-elle révélatrice des tensions et intégrations régionales ?

Démarche pédagogique :
En accompagnement personnalisé, en salle informatique, les élèves sont regroupés par binômes ou trinômes. Ils doivent se connecter à CartoGraf, à l’aide d’un lien qui leur permet d’accéder à une carte collaborative, dont l’échelle et la localisation ont été déterminées au préalable par le professeur. CartoGraf est une application gratuite permettant de visionner des cartes à différentes échelles et de réaliser des croquis. Les élèves doivent suivre des consignes précises pour en construire un. [1] Les lieux à repérer, observer, décrire, légender, sont indiqués dans un document mis à disposition sur l’ENT du lycée. Le professeur circule dans la salle, aide au repérage et résout les difficultés techniques. Il incite les élèves les plus réactifs à aller plus loin, en réalisant des captures de paysage et en les légendant. Les écarts entre les groupes sont importants en fonction de la maitrise de l’outil informatique et le professeur veille à ce que chacun réalise une production et observe celle des autres. Une partie des élèves n’ayant pas assisté aux séances d’accompagnement personnalisé réalise le croquis en autonomie au lycée ou à la maison. Le professeur contrôle la progression de l’activité sur la page collaborative du croquis.


Une carte collaborative réalisée dans CartoGraf par les élèves de seconde.

Légende croquis
Source : Capture d’écran, réalisée par A MARIE.
http://cartograf.recitus.qc.ca/Carte?coordinates=25.872802734375703%2C-27.576460076262652%2C6&shareCode=Katse2017&mapName=L%27eau%20en%20Afrique%20australe.&sourceId=136208&join=y#Carte


IV. Les apports du numérique dans les apprentissages.

Dans le cadre des différentes séances, les élèves ont eu un usage varié du numérique.
La construction de la carte mentale, en classe, leur a permis de construire le cours de manière dynamique, et leur a fait prendre conscience de la variété des supports d’apprentissage. Si certains élèves préfèrent prendre des notes de manière « conventionnelle », sous forme de trace écrite, d’autres privilégient la mémorisation de la carte mentale, plus « visuelle ». La contrainte néanmoins est que seul l’enseignant saisit les notions retenues. Le prolongement pourrait être de faire réaliser une carte mentale sur un autre sujet, en salle informatique par exemple.
L’usage de Pearltrees offre l’opportunité à l’enseignant de préparer, en amont, les ressources documentaires nécessaires aux activités menées en classe. L’accès à ces documents, classés et de nature variée, permet une plus grande réactivité en fonction des réactions et questions des élèves. La page consacrée au thème d’étude a d’ailleurs été utilisée lors de chaque heure de cours, pour projeter les cartes notamment. L’application, dans sa version open source est facile d’utilisation et est basée sur la collaboration avec d’autres utilisateurs, ce qui facilite les recherches documentaires.
L’application CartoGraf a fait l’objet de deux types de propositions pédagogiques, en salle informatique et en autonomie, avec toutefois des documents d’accompagnement. Si l’inscription et la première prise en main de l’outil n’ont pas posé de problèmes, il est apparu que la construction de la légende d’une carte collaborative est peu réalisable car les figurés s’accumulent et ne peuvent être classés. Il apparaît préférable de demander aux élèves de repérer les espaces, de placer des repères et des figurés et de les commenter grâce aux fenêtres « description ». Au final, cet outil SIG est très utile car il permet une observation fine des espaces à différentes échelles. Il propose aussi des captures de paysage et dispose d’outils de dessin simples et faciles d’utilisation.

1 : Document : file_download Fiche de travail élèves


Voir en ligne : Festival de Géographie de Saint-Dié, ateliers 2017


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