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Réforme du lycée

La notion de transition en géographie.

jeudi 10 octobre 2019, par Angélique Marie, P.Goutagny

Géographie de Seconde
« Environnement, développement, mobilité : les défis d’un monde en transition. »
Explication de la notion de transition, fil directeur du programme de géographie de Seconde, d’après une conférence de Magali Reghezza-Zit (Paris, avril 2019)

« Transition » est un terme qui envahit le débat public, souvent avec un adjectif associé, et il faut bien distinguer le terme politique et médiatique de celui employé dans les recherches de la géographie universitaire, à décliner dans la géographie scolaire.
Les élèves doivent être amenés à comprendre qu’il y a des postures idéologiques, des conflits dans les débats publics. La transition apparait souvent alors comme le passage d’un état stable à un autre état stable, après un temps de déséquilibre, d’instabilité, de crise. Ce passage peut être présenté comme une menace (environnementale, climatique, énergétique, géopolitique…) ou au contraire comme un progrès ou une finalité à atteindre (par exemple la transition écologique est une politique publique portée par le ministère de la transition écologique et solidaire) Le discours peut devenir téléologique et normatif avec par exemple des notions de résilience et de sobriété à manier avec prudence en géographie.

En géographie, la transition est à la fois un objet de recherche universitaire et un outil descriptif sans injonction sociale et politique. Le géographe s’attache à décrire le passage, à différentes échelles. C’est une phase de changements non linéaires (ce n’est pas une recomposition), avec des avancées et des reculs (étude des dynamiques et des discontinuités), avec des interactions des différentes échelles (on peut comprendre des transformations locales par des changements au niveau global par exemple), sans un objectif à atteindre.

Toutefois il n’est pas question d’opposer complétement ces deux emplois du terme de « transition » mais au contraire de faire réfléchir les élèves sur le jeu des acteurs, les contradictions possibles entre différents acteurs et différentes échelles. Confronter les deux acceptions du terme aide à développer l’esprit critique et à approcher un peu la complexité du monde.
Dans ce programme comme dans tout autre, il faut partir du questionnement géographique de base en quatre interrogations : Quoi ? (identification) Où ? (localisation) Pourquoi ici et pas ailleurs ? (différenciation spatiale) Pourquoi et comment ? (explication)
Cela permet de rester dans une approche vraiment géographique.

Pascale Goutagny

Diaporama utilisé lors des stages "réforme du lycée" et comportant, en particulier une bibliographie et une sitographie.

Angélique MARIE