search

Accueil > Enseigner > Histoire > XXe siècle- à nos jours > Le "Postcolonial" : une histoire de mémoire

Le "Postcolonial" : une histoire de mémoire

lundi 7 mars 2011, par M. Bertrand

Une proposition d’exploitation pédagogique autour des problématiques récentes de l’historiographie : histoire, mémoire et postcolonialisme.


La question du « postcolonial » est officiellement absente des programmes d’histoire-géographie. Cette lacune s’explique aisément par le caractère neuf et novateur de cette notion importée du monde universitaire anglo-saxon et qui suscite donc encore quelques réticences et polémiques en France.
Le débat ne doit pourtant pas nous empêcher d’intégrer partiellement la richesse de ces réflexions dans nos classes, notamment dans certaines régions françaises où elles constituent une grille de lecture indispensable à la construction individuelle et civique des élèves.
Le « postcolonial » constitue un renouvellement historiographique très intéressant et éminemment lié à la question mémorielle. Catherine COQUERY-VIDROVITCH, dans son ouvrage consacré aux Enjeux politiques de l’histoire coloniale, définit d’ailleurs cette approche comme une réflexion sur « la façon dont, aujourd’hui, de part et d’autre, les regards se font, se construisent, se défont par rapport à des mémoires nécessairement déformées de la période antérieure  ». L’analyse est également inspirée des récentes avancées de la Global History (Histoire globale), mais aussi d’orientations désormais plus anciennes autour des subaltern studies (Etudes subalternes).
L’objectif est simple : les historiens qui se réclament de ces écoles veulent sortir d’une vision trop strictement nationale qu’ils analysent comme l’héritage plus ou moins conscient d’un impérialisme rampant dont nos sociétés ne seraient pas parvenues à se défaire.
En classe, ces travaux peuvent nous aider à faire comprendre aux élèves que l’européocentrisme (quand il ne se résume pas d’ailleurs à un francocentrisme) n’est plus de rigueur. S’il est nécessaire et indispensable de connaître (et de transmettre à nos élèves) les « classiques » de l’histoire de France dans leurs grandes lignes, il faut également leur faire prendre conscience de la relativité d’une lecture, qui deviendrait alors un aveuglement, trop hexagonal.
L’exercice n’est pas simple et il serait présomptueux de prétendre inculquer parfaitement et intégralement de telles réflexions à nos élèves. C’est pourquoi je propose d’adopter une démarche comparative afin de faire prendre conscience des différentes temporalités et interprétations d’un même évènement historique.
La problématique de séance proposée sera donc résolument mémorielle.